mercredi 21 février 2007
Œufs brouillés aux oursins
La mer est source de joie et de contemplation, comme elle est parfois colère et rugissements, c'est plutôt dans le tempo tranquille que va s'ébattre ce billet, où il est question des échinodermes (du grec "hérisson" et "peau"), des bêtes absolument fascinantes. Plusieurs espèces dans cette famille, elles ont en commun une structure organisée autour du chiffre cinq, mais je ne vais vous raconter que quatre d’entre elles.
L'hémisphère et l'étoile
L'hémisphère, c'est l'oursin, celui qui nous est le plus familier, c'est l'un des deux échinodermes qui passent par notre assiette. La bouche se trouve du côté de la partie plate, l'intérieur n'est qu'un long tube digestif qui se termine au sommet de l'animal. Des gonades aussi, pour notre plus grand bonheur, car c'est la partie que nous consommons. C'est presque toujours un herbivore, la nature l'a doté d'une redoutable machine à dévorer, aussi belle qu'efficace, la lanterne d'Aristote. La prochaine fois que vous ouvrirez un oursin, prenez le temps de la regarder.
L'étoile de mer est aussi rudimentaire que l'oursin, sa bouche ventrale est directement reliée au cloaque dorsal par un estomac primitif. Elle n'a pas de tête, pas de cerveau, pas de dents, et pourtant, c'est un redoutable chasseur. Certes, ses proies sont peu mobiles, puisqu'il s'agit souvent de coquillages, encore que j'aie déjà vu une coquille saint jacques s'enfuir littéralement à toute vitesse dans l'eau, lorsqu'on a approché d'elle une étoile de mer.
Pas de cerveau, mais un système nerveux drôlement bien organisé, elle s'approche de sa proie, la capture entre ses branches, et est assez forte pour l'entrebâiller. Pas de dents, mais une méthode ingénieuse, elle déglutit son système digestif à l'intérieur de sa victime, carrément. Le stade extrême de la gastronomie, si on y pense… Vous avez déjà essayé d'ouvrir une moule presque aussi grande que vous, juste de vos cinq doigts? Elle le fait facilement, à quoi vous sert donc votre gros cerveau?
Et vous ne savez pas quoi ? Lorsqu’on lui enlève une branche, celle-ci repousse; rien d’extraordinaire au demeurant, mais sachez que la branche coupée va elle aussi pousser pour se transformer en une nouvelle étoile. C’est pas cool la mer ?
Je parle là de l'étoile de mer la plus commune, celle aux cinq branches bien développées, mais il en est bien d'autres, celle dont les branches sont à peine ébauchées, ou celle-ci qui en a une douzaine, on la nomme "étoile solaire" ou "crachat d'amiral", ne me demandez pas pourquoi!
La belle et la bête
La belle est comme une fleur, le lys de mer, ou crinoïde, un échinoderme vivant attaché à un pédoncule; sur la photo ci-dessous, c’est une crinoïde noire des Maldives, la plus belle à mon sens, mais je ne les connais pas toutes.
Elle ne chasse pas activement, elle attend sagement qu’une proie vienne se prendre dans ses bras gluants, et lorsqu’elle n’a pas assez à manger dans un endroit, elle se détache de son pédoncule et s’en va plus loin au gré du courant. La mer en était emplie aux temps anciens, l’île de Malte est presque entièrement formée à partir de calcaire de crinoïdes (normalement, je devrais ajouter que tout çà pour aboutir à un pavillon de complaisance flottant sur l’Erika, mais j’ai décidé d’être serein aujourd’hui).
La bête, c’est le seul échinoderme dont on peut voir un début et une fin, il ressemble vraiment à un boudin; je me souviens d'un jour de pêche à pieds dans le golfe de Tadjourah, j’étais gamin, je ne cherchais rien à manger, mais des porcelaines, des olives et des peignes de Vénus pour ma collection de coquillages. J’ai marché sur ce machin mou, ressemblant vraiment à un étron, qui a aussitôt projeté des filaments blancs, une horreur. J’avais fait la connaissance de l’holothurie, ou concombre de mer, que quelques années plus tard, j’ai rencontré dans mon assiette.
C’est une bête curieuse, pour se reproduire, elle expulse son appareil reproducteur dans la mer, comme le fait l’étoile de mer de son estomac pour se nourrir.
Voilà, je voulais un peu vous dévoiler ces quelques merveilles étranges de la mer, où la curiosité m’engloutit aussi sûrement qu’une lame de fond, revenons en cuisine, peut-être à regret...
Œufs brouillés aux oursins
J’étais très content, après avoir pesté contre toute la corporation, de trouver des oursins verts de Bretagne magnifiques chez l’un de mes poissonniers préférés, car c’est un animal qui a bien failli disparaître à la suite de sur-pêches insensées, au début des années soixante, il n’en restait déjà presque plus… du coup il a été moins pêché par les professionnels, et le gisement semble revenir un peu. Je suis plus inquiet pour ceux, tout aussi délectables de Méditerranée, qui souffrent terriblement de la mode folklorique des oursinades… on a bien vu cette année qu’il y en a nettement moins…
Hélas, quand je les ai ouverts, je me suis rendu compte à la taille énorme des gonades pour la saison, qu’ils n’avaient de Bretagne que le nom de l’espèce, et qu’ils venaient je pense de bien plus au nord, Ecosse ou plus sûrement Norvège, où ils abondent… Le panneau "Pêché en Atlantique du nord-est", je suis tombé dedans comme un nain de jardin !
Pas très grave, ils étaient très bons, et je n’ai pas eu de scrupule à les mettre en cuisson, car un peu trop murs pour s'en faire une ventrée crue. La cuisson des oursins, ce n’est pas moi qui ai commencé, déjà au XIXème siècle, ils étaient vendus aux citadins par les marchands d’huîtres, les ménagères les traitaient comme des œufs à la coque.
Ingrédients
- Six œufs
- Neuf à douze oursins
- Beurre et huile d’olive
- Sel et poivre
Recette
La première étape consiste à ouvrir les oursins, on les découpe du côté de la bouche, avec des ciseaux à oursin si possible, un disque propre autour de la magnifique lanterne d’Aristote. Si vous avez peur des piquants de cette châtaigne de mer, le gant de jardin est votre ami. Ne faites pas comme moi, un jour où j’avais affaire à des gamins particulièrement acérés, je me suis dit que le gros gant bleu en silicone, acheté pour saisir les plats dans le four et tellement nul que je ne m'en étais servi qu'une fois, était l’idéal pour me protéger. Figurez-vous que les piquants se sont massivement plantés dans la silicone et l’ont traversée agressivement, un vrai cauchemar.
Une fois ouverts, vous prélevez les gonades, vous cassez les œufs, et vos ingrédients sont prêts.
Oui, vous avez bien vu, j’ai séparé les jaunes des blancs, ce qui peut paraître inutile pour les brouiller ensuite, mais j’ai mes raisons. Un jour, j'ai trouvé que dans les œufs brouillés, soit le blanc est bien cuit, et alors le jaune trop cuit, soit on se la joue totalement baveux. Du coup, je me suis dit que la solution était de cuire un peu les blancs avant les jaunes, ces derniers venant alors enrober la préparation de leur onctuosité. Depuis, je ne fais plus les brouillades que comme cela, la crème fraîche devenant totalement inutile.
Alors, vous mettez à chauffer dans une poêle ou une sauteuse, un mélange de beurre et d’huile d’olive (vous pouvez zapper le beurre si vous n’êtes pas breton). Vous y mettez les blancs à coaguler, lorsque c’est fait, vous versez alors les jaunes, et vous brouillez. Les oursins sont ajoutés presque à la fin, il ne s’agit pas de trop les cuire. C’est assez sportif, la cuisson des œufs doit être très progressive, dès que çà commence à chauffer un peu trop, j’enlève du feu, je touille, je remets, et ainsi de suite jusqu’à obtenir cette consistance, dont n'importe quel brestois bilingue vous dira que c'est une omelette de docker. Vous avez bien sûr, salé et poivré.
Ensuite, dans l’assiette avec un bout de pain grillé, du vrai pain, pas ce mollasson de pain de mie qu’on voit trop souvent avec les œufs brouillés.
J’ai débouché un Faugères (enfin, un vin blanc du coin, estampillé « Vin de pays de l’Hérault »). Celui de Didier Barral, fils de Léon, je vous souhaite vraiment de le goûter un jour, si ce n’est déjà fait.
Commentaires
je n'ai jamais mangé d'oursin( peut etre dans les tests de 2007)
Dis, Captain Pat, ne te laisse pas engloutir par la lame de fond de ta curiosité car j'ai encore découvert plein, plein de choses ce matin et je sens que ce n'est pas fini. Pour les oeufs brouillés, je les fais toujours au bain -marie, c'est plus long mais il n'y a pas besoin de crème et la cuisson est tout à fait homogène et baveuse à souhait ou un peu moins si on le désire.
Je me demande quel goût les oursins doivent avoir... Une recette intéressante!
Et dire que les chercheurs cherchent à clooner les espèces alors que certaines espèces le font si bien toutes seules. Note bien que c'est une bénédiction que chez l'homme ce ne soit pas la même chose. Imagine un peu qu'on coupe la jambe de certains tyrans et que... J'en frémis d'horreur !
Des oursins, je n'en connais que les épines et les cris de douleur de ceux qui s'y frottent si bien que je n'aurais jamais tenté de manger la bête ! Quant aux oeufs brouillés, je retiens ta méthode et j'essaierais la fois prochaine. Encore très instructif ce billet !
j'adore ce blog. Non, vraiment. Encore une fois j'ai appris des tas de trucs : les oursins sont des échinodermes et l'étoile de mer est un monstre mille fois plus effrayant qu'Alien.
C'est vrai : non seulement si on lui enlève un bras tueur il repousse, mais en plus le bras tueur à lui tout seul fait naître une nouvelle étoile ! C'est l'horreur absolue. Mais alors à ce moment là, pour se reproduire, pas besoin de différenciation sexuelle ? ils n'ont qu'à s'arracher un bras ??
J'imagine la scène quand Monsieur Etoile rentre du boulot le soir, Madame Etoile lui dit " Bonsoir chéri, si on faisait un bébé ? donne-moi ton bras que je l'arrache"... romantique...
Pour en revenir à l'essentiel (la recette) : je n'arrive pas à combattre mon "non-goût" pour les oursins... je la testerai donc quand je serai plus grande ;o)
par contre, je note l'idée des oeufs séparés, c'est pas bête !!
J'en ai goûté une suele fois à la cuillère et je n'en garde pas un souvenir fantastique, à réessayer peut-être avec ta recette !
ta recette va surement me faire aimer les oursins que je n'ai mangé que grillé pour l'instant
Magnifique! Tu me fais envie, c'est difficile de trouver de bons et beaux oursins à des prix raisonnables à Paris...en attendant je reve aux oursinades...
Riche et piquant billet!
Avec toi, je ne sais jamais par où commencer(ter), tant la matière est riche.
Tu nous mènes joliment en bateau, à la godille et nous fais découvrir ce qu'on ne se lassera jamais de découvrir depuis Cousteau.
Non seulement j'apprends la mer dans le style aérien qui est le tien, mais en plus, j'apprends à brouiller l'oeuf selon les canons de CdM.
J'apprends enfin que sous couvert de calme plat après la tempête de l'Ecrasé de Sardines, tu restes en vigie: Malta, en portugais, signifie clique, troupe, bande. Il y a cohérence sémantique.
Ce midi, faute d'oursins, je me contenterai d'oeufs brouillés à ta façon, mais tapenade.
Avant que j'oublie: savais-tu que marcher sur une holothurie portait bonheur?
Et bien !!!! Quel festin !!!
bizzzzzzzzzzzzz
Barbichounette
Le "boudin", chez nous on appelle ça les "bibiches de mer", il m'est arrivé d'en écraser une ou deux en me prélassant au bord de l'eau, la crise!!
C'est marrant mais quand j'ai rempli le questionnaire sur la question "qu'avez-vous mangé d'inhabituel", j'ai pensé à l'étoile de mer, qu'un oncle m'a fait griller sur un feu de bois un week-end en mer quand j'étais petite, mais honnêtement, à part mon étonnement je ne me rappelle pas du tout du goût... C'était plutôt caoutchouteux, sûrement la méthode de cuisson...
Et sinon, les oursins, je crois que je te l'ai déjà dit, sont bannis de mon assiette depuis que j'ai rippé sur les rochers de la Ciotat et que je suis tombée sur le filet plein de bestioles... Des jours pour enlever chaque petit morceau d'aiguille, avec force trempouillage dans des verres de vinaigre... :-S Je me rappelle que j'aimais bien ça, pourtant!!
PS: j'ai cuisiné des ailes de raie hier soir, apprête-toi à être encore une fois couvert d'éloges pour la beauté de ma réalisation!! lol Des ailes impec, pas du tout écorchées, c'est toi le meilleur!!! ;-)...
PS2: c'est encore moi... APrès le coup des pinces de crabes qui repoussent, tu espères vraiment que je crois à ton histoire de branche qui devient une autre étoile??? Faut pas pousser mamie dans les orties, quand même... :-D (c'est moi qui mets des comms mystificateurs, voilà!! lol)
Je n'ai mangé des oursins que dans le "Palace" à Nice et à L'Auberge du Vieux Puits, dans le Languedoc, à côté d'un risotto. Je n'oserai pas le cuisiner. Peur de gâcher deux beaux souvenirs.
Géniale l'idée de faire cuire les blancs avant dans les oeufs brouillés! Je trouve toujours les blancs pas assez cuits ou les jaunes trop, mais je n'avais jamais pensé à ça! Et ta recette, simple et savoureuse, faudrait que j'aille faire un tour en Bretagne, moi, tiens... parce que je supose que les oursins, c'est encore meilleur frais pêché?
Ils sont verts les oursins bretons ??
qu'est ce qu'on a pu en manger au "cul du bateau" aux îles sanguinaires....
La saison de pêche est très réglementée et pour une fois assez suivie en Corse.
C'est pas ici qu'on aura une bonne oursinade comme sur le vieux port à Ajaccio.
Je persiste, avec mon Patrimoniu blanco !! on échangera bien nos fioles un jour....
Jamais mangé d'holothurie et pas franchement envie, même si nous avons été présentés en décembre dernier, d'ailleurs là où nous étions, ti pas mangé déguelasse. Je retiens la séparation du blanc et du jaune merci. Dis racontes nous encore de belles histoires tout le monde fera de beaux rêves! Merci je m'amuse bien
Anne
Oh là là quelle drôle de bête! Les oursins me ramènent directement en vacances, sur les rochers varois où nous les dégustions à peine sortis de l'eau.... Ici nous en sommes loin mais ce n'est pas grave: je viens de découvrir les viviers de Prat Ar Coum et de me régaler de St Jacques et suis bien décidée à faire honneur aux produits breton ;)
La mer est vraiment peuplée d'êtres mystérieux!
la première fois que j'ai mangé des oursins, c'était avec mes cousins dans les Pouilles, au sud de l'Italie. Quand on se baignait, on devait faire attention où mettre les pieds, tant il y en avait, pour ne pas se piquer... ;-)
hoooo la la des oursins, j'aime pas du tout. La première fois que j'en ai goûté c'était en Martinique en blaff d'oursins et c'était beurkkk, puis autres tentatives : Oursins farcis et oursins à la cuillère ..idem pas aimé de plus je n'osais pas le dire car on m'avait dit que ca coûtait très cher. Désolée mais celle ci, je ne pense pas tester.
Cependant j'ai beaucoup apprécié ton billet.
Je me souviens avoir mangé des oursins quand j'étais toute petite, c'est mon père qui les avais pêché à Uitoé ...tu sais le coin où on a les doigts de pieds en éventails ...C'était trés trés bon dans mon souvenir ...le truc c'est qu'il n'y en a pas en vente chez nous...va falloir que j'enfile palmes, masque, tuba et gants si je veux tester ta recette! Au fait! la "bête" est aussi appellé "biche de mer", on se demande bien pourquoi...et tu seras content d'apprendre que cette magnifique "biche de mer" fait parti des "8 précieux produits de la mer" dans la cuisine impériale chinoise ...tout comme l'estomac de poisson ....Bon appetit à toi ...sur ce coup là ce sera sans moi ...
Quand je pense aux oursins que j'adorais manger crus, j'en ai la larme à l'oeil... :-(
Mais comme ça, je pense que je peux! Chouette!
Malta?
Ah bon, je ne savais pas ça, JCP. Tu crois que c'est à cause de l'Ordre hospitalier? Rivalités avec Tomar ou Palmela?
Ouhlala! Des oursins, jamais mangé. Ça pousse pas fort par chez nous. Mais les oeufs, je note! Fini la guerre avec le Ramou à savoir si on mange les jaunes poussière ou les blancs baveux...merci d'avoir ramené paix au ménage! ;-)
Tes billets sont toujours aussi instructifs. Je ne connais rien sur les poissns. Mais comme dit l'Autre: ignorance is bliss. Et maintenant, quand j'entre dans une poissonnerie, je me questionne: est-ce la saison? ce poisson est-il surpêché? est-ce du sauvage ou de l'élevage? et ce poisson qui me regarde de son oeil grand ouvert et se dit que c'est bien pour moi, qu'au moins il ne joue pas au "facile"!
on a du mal a en trouvé sur les étales des poissonniers aux halles ;pas assez bien en ce moment ils disent !!
sinon avec ton joli billet tu m'a reposé.......et régalé avec cette superbe omelette!
Erika - un peu d'information de fond
Pour situer les lecteurs intéressés dans le sujet, voici une traduction d'un court extrait d'un article percutant sur le sujet des navires très gros porteurs dont on peut trouver l'intégrale en anglais à
http://www.wired.com/wired/archive/10.06/superrust.html?pg=1&topic=&topic_set=
«Il faut blâmer une forme de corrosion virulente qui a détruit des centaines de navires et qui pourrait faire couler l'industrie pétrolière.
Le 7 décembre 1999, le navire Erika quittait Dunkirk, en France, en direction de la Sicile, transportant 10 millions de gallons de mazout lourd. Quelques jours plus tard, le navire longea la côte de Bretagne en se dirigeant directement dans une forte tempête. L'Erika se heurta à des vagues de plus de 20 pieds alors qu'elle naviguait la Baie de Gascogne. Bientôt, le navire se mit à tanguer et des fissures de 11 pieds apparurent sur le pont et sur la coque. L'Erika se déchirait. Un hélicoptère évacua l'équipage juste avant que le navire ne se brise en deux et qu'il ne coule dans 400 pieds d'eau, laissant s'échapper du pétrole sur une distance de plus de 250 miles le long de la côte Loire-Atlantique - le pire déversement de pétrole qu'avait connu l'Europe en deux décennies.
Contruit au Japon en 1975, l'Erika était représentatif des pétroliers moins récents. Naviguant sous pavillon de Malte, il était administré par un opérateur italien et loué par une société bahamienne dont le siège social se trouvait en Suisse. Son propriétaire maltais appartenait lui-même à deux entreprises libanaises. Évalué comme pouvant bien tenir la mer par Registro Italiano Navale - l'une de plusieurs organisations parmi les sociétés de classification responsables de l'inspection et de la certification des navires commerciaux - l'Erika avait passé avec succès toutes les inspections durant l'année précédant son naufrage. Le rapport final sur le désastre, en janvier 2000, préparé par le Bureau d'enquêtes sur les accidents en mer, a conclu que l'état de corrosion avancé avait affaibli la coque de l'Erika, produisant une flexion durant la tempête et enfin, une fracture. Le volume de pétrole transporté par navire augmente vertigineusement. Et, chez les pétroliers traditionnels, l'accélération de la corrosion est bâtie directement dans le navire lui-même. L'Erika n'était pas le premier, ni le dernier, pétrolier à succomber soudainement à la corrosion. Chaque année, entre 1995 et 2001, une moyenne de 408 navires se sont brisés en mer ou ont évité de près ce sort, selon Intertanko. La première cause a été la collision, mais presqu'autant de navires ont accusé des bris structuraux/techniques, un euphémisme utilisé dans l'industrie pour signifier une corrosion excessive... La super-corrosion a tout d'abord été expliquée comme étant un phénomène sans précédent, une forme hautement évoluée de la corrosion que l'on ne pouvait pas prédire ni prévenir. La vérité est moins mystérieuse : la corrosion hyper-accélérée est le résultat inévitable quand la chimie implacable rencontre la dure réalité des impératifs économiques et de la politicaillerie enchevêtrée entourant le transport des combustibles fossiles...»
Pour ceux qui s'intéressent sur le sujet de l'industrie pétrolière, voici un lien pour un mega-reportage sur l'histoire du pétrole depuis son début jusqu'à nos jours. Huit heures d'informations palpitantes et percutantes. http://video.google.fr/videosearch?q=histoire+secr%C3%A8te+p%C3%A9trole
Mon petit grain de sel dans votre recette de brouillade d'oeufs.
Pour être originale, je n'ai jamais mangé d'oursin non plus....Et avec des oeufs brouillés, j'aimerais d'autant plus y gouter!!
Merci pour ce joli blog qui m'apprends toujours des tas de choses, moi qui était encore il n'y a pas si longtemps fachée avec le poisson et les crustacés...
Allez j'vais culbuter plus loin;-)
Gato Azul : Merci pour cette intéressante contribution, elle aurait été néanmoins plus à sa place sous le précédent billet, je ne suis pas en guerre totale et permanente; là j'avais juste envie de regarder des bêtes curieuses, de faire un brin de cuisine simple, avec un bon vin...
Je n'ai jamais fait d'oursins mais cette idée me séduit et me tente, vais-je me lancer... J'aime aussi les sardines !!!!
Beau ton "crachat" à douze branches ! Quant au "boudin", pas appétissant ce machin là (et ça se mange semble-t-il ?!)...
Bon, je préfère l'oursin cru dégusté avec un manche de petite cuillère, assise sur la plage mais ta recette semble très très très bonne (seulement, voilà, je suis une grosse feignante et tout ce boulot même pour me régaler (ou régaler les autres), cela m'épuise rien qu'en lisant ton texte ... toujours aussi plaisant, soi dit en passant !
J'aime beaucoup les oursins même si je n'en ai mangé qu'à de rares occasions. Un goût inimitable. Je ne savais pas qu'on pouvait les cuire. Les oeufs brouillés, c'est pareil, j'adore et je n'en fais presque jamais. Va savoir... Je vais essayer ta technique, mais en bonne bretonne, tout au beuure (clarifié pour l'occasion). Merci pour le voyage matinal.
Mais quelle star! j'arrive 24 heures à peine après publication de ce vibrant hommage à des molusques marins dont certains sont proches de l'étron (dixit Patrick Cdm himself) et je suis recalée à la 31 ème place pour commenter. Y'a pas à dire tu sais y faire! bon, tu le sais que tu le mérites, je n'insiste donc pas là dessus; Je me contente de te dire que j'aimerais que ta brouillade me soit concoctée dans une belle casserole en cuivre (c'est bien cela, je me trompe pas dis?) par un homme qui fréquenterait les bistrots brestois et saurait si bien me concocter une omelette de docker qui susciterait comme un frisson d'aventure et d'exotisme, mangée à même le zinc du bar...
Article passionnant ! Pour les oursins de Méditerranée, le problème que tu soulèves est effectivement inquiétant. Les oursinades attirent de plus en plus de monde (j'avoue y aller moi aussi, au petit matin, depuis des années...).
C'est à la petite cuillère que je les préfère, assise sur une digue, avec une bouteille de vin et mon amoureux.
Je garde un horrible souvenir des oursins mais ton billet m'a bien donné envie de retester ces petites châtaignes des mers.
Merci pour ta description des étoiles de mer, j'ai appris plein de choses !
Je ne pourrai donner mon avis sur les oursins car je n'ai jamais eu l'occasion dy goûter ! Ta technique de l'oeuf brouillé est à tester et celle de Mamina aussi.
L'étoile solaire est magnifique et je lui préfère ce nom là à celui de crachat de l'amiral
Tu crois que les nains de jardin aiment les oursins ? Tu vas finir comme les oeufs : brouillé avec le poissonnier... ce qui serait bien dommage pour nous.
La première et dernière fois que j'en ai mangé c'était à l'île Maurice. Dés que je mets la main sur de beaux oursins, je m'empresse de tester. Ton article est encore une fois passionnant.
ça fait une éternité que je n'ai pas mangé d'oursins. Je m'en souviens si bien, nous étions en bateau, il faisait un temps magnifique. J'étais proche du paradis.
pour les oursins , je reste dans l'archi classique , de la baguette, et c'est tout
mon petit régal assis sur la plage
à bientôt
patrick
Un p'tit bonjour amical de Bretagne pour le roi de la cuisine des poissons et fruits de mer ! Oui, je sais je ne suis pas très bavarde en ce moment, mais j'attends patiemment que ça me reprenne ! En attendant, tes oeufs brouillés m'ont l'air tout à fait terribles, et en plus, sans crème fraîche, c'est le luxe. Et je vais t'étonner, je connais très bien le golfe de Tadjourah, ayant vécu à Djibouti pendant deux ans lorsque j'étais enfant...! Tu as ravivé en un mot de bien beaux souvenirs ... :0)
A bientôt !
Ah tiens, va savoir pourquoi, j'aime pas l'oursin ! J'avais préparé il y a quelques années des blinis au poisson fumé accompagné d'une crème d'oursin et... c'est belle-manman qu'a tout mangé, car j'ai pas aimé ! Dommage, j'avais tellement pris soin de les vider avec amour, ces petites bêtes là :(
ah les Oursinades de Carry le Rouet , et celle d'ajjacio (y'a des connaisseuses d'ailleurs hein Brigitte ?) elle a raison avec un Patrimonio c'est pas mal , le Faugére c'est trés trés bon si c'est un bon alors là je garde le nom mais où puis je le trouver ce Léon ?
cette année nos oursins de Méditérranée sont vides ...hier j'ai eu une grande désillusion au cours d'un repas en bord de mer : pas d'oursins , trop petits , trop vides ..
Garance
Magnifique!!!
Le capitaine c'est bien rattrapé avec sa somptueuse recette...sans compter tout ce qu'ils nous apprend sur les oursins, étoiles de mer..;et tant d'autres informations si riches! Des fois je me dis que tu dois passer un temps fou pour nous préparer tout ça!!!C'est formidable.A chaque fois c'est un réel plaisir de te lire
Je te raconte que la seule fois que j'ai mangé des oursins c' était en soupe, servie dans leurs coquilles...un superbe restaurant de poissons à Paris....je m'en souviens encore tant j'avais été impressionnée...un vrai régal!!!
Je te raconte encore que je viens de réserver une partie de mes vacances en Bretagne sud dans le Golfe du Morbihan...j'ai eu beaucoup de mal à trouver quelque chose, un vrai parcours du combattant, même en m'y prenant tellement à l'avance!Enfin, c'est fait!
Bonne soirée et bon week end à toi!
et bien si moi non plus je n'ai jamais mangé d'oursins, apparemment ce ne sera pas pour demain ni pour après demain !!!! à la vitesse à laquelle la population décline :(
Finalement je suis peut être novatrice en étant poissonophobe ;op
Bon après tous ces commentaires ,quoi rajouter de plus....kenavo
Hummmm !!
Les oursins, je les déguste simplement sur des toasts grillés. Mais c'est une bonne idée de les integrer dans une omelette !
Je n'ai jamais cuisiné d'oursin, mais ta recette me tente bien.
Tu as raison la mer est vraiment cool.
Je dois t'avouer que je ne suis pas vraiment fan de la saveur oursins...mais ton récit à du piquant!!
simple et efficace, voilà le genre de cuisine que j'aime ;-)
bises
jamais vu faire les oeufs brouillés comme ça
pourquoi pas les faire à la mode traditionnelle ?
au bain marie ?
comme il faut ?
cette recette me rappelle Roanne et les Troisgros, il y a bien longtemps
ils ne cuisaient pas l'oursin, ils le posait sur l'oeuf brouillé cuit à la vieille méthode
c'était bien aussi.
"JP" : Si je ne les fais pas à la mode traditionnelle, c'est que je les préfère à ma méthode, mais je ne veux l'imposer à personne, chacun à sa propre conception du "comme il faut"...
Echinoderme, grand classique des mots fleches. Par contre, je ne savais pas qu'on pouvait cuire les oursins.Mon beau-pere, grand fan, va les chercher a Belle-Ile et les mange directement sur la plage, sur les rochers, comme Anaik. Je les trouve tres beaux, mais ils ne m'inspirent pas vraiment, surement le souvenir d'une sale piqure quand j'etais enfant.
Encore un excéllent moment passé à me marrer avec ta prose, cher Patrick !!
Et quel final !!!
J'aime les Oursins !!!!
;-)
La Zaza
les oursins
Bonjour
Oui ou trouver des oursins ?
je suis allé sur la cote méditéranéenne et je n'en ai pas trouvé
j'habite le morbihan et suis amoureux de tout ce qui est fruit de mer
Etoile de mer
Par hasard une visite sur votre site : il faudra que j'y séjourne un peu plus longuement.
En tout cas en revenant du restaurant d'entreprise le choc est énorme. Mais bon il faut de tout et les CE n'ont pas toujours les moyens ou les clients faciles.
Si je suis venu survotre site c'est parce que je me demande si les étoiles sont comestibles et si quelqu'un a déjà écrit une recette à leur sujet.
Sauriez-vous quelque chose ?
Merci
oursins grecs
Tres belle recette...je reconnais ! Mais des oursins j'en ai pêché,et mangé en Grèce cet été.Crus. Comme le font les Grecs qui me l'ont appris.On prélève les gonades dans un petit bol, puis on ajoute un petit filet d'huile d'olive (grecque...)un petit filet de citron ( du jardin...)et on mange avec une bonne grosse tranche de pain de village grillé , huilé d'olive et parsemé d'ail et d'origan.Avec un petit vin blanc résiné.
Comme on a mis deuxou trois heures pour les pêcher en apnée,on a faim...Salut et bon ap'
Cornegidouille !
La réponse était sur ce blog ! Une élève m'a rapporté une étoile solaire …
Pour le crachat d'amiral, l'explication est là …
http://www.mer-littoral.org/30/crossaster-papposus.php













