Cuisine de la mer

Cuisine des poissons, coquillages et crustacés

vendredi 1 juin 2007

Roti de lotte au lard fumé et farz noir croustillant

Elvira nous invite à concocter une recette reliée à notre terroir, c'est une excellente idée. Mon terroir est breton, même si je bosse à Paris : Pas de panique, les femmes et les enfants peuvent rester, je ne vais pas provoquer les pâtissiers en tentant ce gâteau ridicule en forme de roue de vélo, le Paris-Brest (et hop, deux millions de lecteurs, becs sucrés ou sportifs, ulcérés dès la seconde phrase; revenez, il n'est pas beaucoup plus ridicule que les autres gâteaux). Non, je conserve ma ligne éditoriale, Mer et Bretagne (et qu'on ne me dise pas que le Paris-Brest est une bouée, la vérité historique est qu'il a été  inspiré par une course cycliste qu'on a bien fait de supprimer).

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Force est de reconnaître qu'il n'y a pas de grande tradition culinaire en Bretagne, et pas beaucoup de plats emblématiques, en particulier à base de produits de la mer. Ces derniers étaient plutôt méprisés, souvent considérés comme la nourriture des plus pauvres du littoral, chaudrées et cotriades à la fortune de la marée. Peu de recettes de tradition bourgeoise, ou alors, des sur-cuissons en court-bouillon, des noyades en béchamel, des fritures au beurre trop brun, des hachis informes en persillade. Quant aux restaurants, il a fallu attendre 2006 pour qu'une troisième étoile soit enfin attribuée à un restaurant breton, chez Olivier Roellinger. Ce qui n'empêche pas que d'autres tables soient excellentes, soit dit en passant.

Au demeurant le Pays est riche de magnifiques produits, pour cette recette j'utilise quelques emblèmes : le poisson, le cochon, le blé noir, les pommes et le cidre, le lait ribot et jusqu'à la pointe de curry que nous étions les premiers à recevoir, au port de la Compagnie des Indes, Lorient, ville qui tiendrait son nom du  "Soleil d'Orient", le premier navire qui y fut construit. On donne souvent en effet au chantier de construction d'un navire le nom de ce dernier, il serait resté ensuite...

La lotte

J'ai déjà eu l'occasion de vous dire que ce poisson est laid, et que je l'estime peu, je trouve qu'il n'est bon qu' associé à  des saveurs prononcées, dans une sauce épicée ou comme ici avec du lard fumé. Sa chair est parfois comparée à celle de la langouste (de Cuba à la rigueur...); comme par hasard, je ne raffole pas de la langouste non plus, même bretonne. Un de ces jours, je raconterai comment préparer la lotte pour qu'on puisse facilement la confondre avec de la langouste de qualité acceptable.

On ne pêche que deux sortes de lottes, ou baudroies, dans nos mers européennes : la lotte commune et la lotte rousse. Si la première peut aller jusqu'à mesurer 2 m de long au maximum, la seconde ne dépasse pas 90 cm et on ne la trouve que rarement en Manche et Mer du Nord. Attention, on s'approche de la fin de la saison, ce n'est pas l'été qu'elle est la meilleure.

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En plus d'être laide, la lotte est également paresseuse. Elle chasse à l'affut posée au fond, presque invisible car douée de mimétisme. Au dessus de la gueule, elle est dotée d'un filament pêcheur, terminé par une languette imitant un petit poisson. Elle attire ses proies grâce à cet appendice, au fur et à mesure que le curieux s'approche, elle  ramène ce filament vers  sa gueule, et lorsqu'il arrive à portée, elle aspire littéralement sa victime parfois aussi grande qu'elle.

Il existe dans les grandes profondeurs une baudroie dite abyssale, dont je n'ai aucune idée de la qualité gustative, mais qui est intéressante à d'autres titres. Compte tenu de la faible lumière ambiante, son filament pêcheur est lumineux, ce n'est d'ailleurs pas le seul poisson abyssal à utiliser un photophore comme leurre.  La femelle est terrifiante, elle a une gueule énorme et mesure plusieurs fois la taille du mâle, lequel ne mesure qu'environ trois centimètres. Un type timide et résigné, qui vit incrusté dans la chair de sa compagne polyandre, réduit à une stricte fonction reproductrice. Plus que de la fidélité c'est de l'attachement, ce n'est pas la première fois que je souligne l'atroce condition masculine sous la mer... bien pire que celle du veau.

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Le blé noir

Contrairement à ce que ce nom peut laisser croire, ce n'est pas une céréale, mais une plante annuelle de la famille des polygonacées. Originaire d'Europe du nord est (Sibérie, Mandchourie...), sa culture s'est progressivement répandue vers l'ouest à partir du XVIème siècle, jusqu'à atteindre la Bretagne qui fut et reste l'une de ses terres d'élection, car les sols acides lui conviennent bien. C'est d'ailleurs l'une des rares régions où sa culture connait un nouvel essor. J'achète ma farine en vrac chez un excellent boulanger, mais si vous n'avez pas cette possibilité, l'une des marques les plus traditionnelles et les mieux distribuées est la "Tréblec", bien plus qu'honorable.

J'en profite pour vous signaler une utilisation extrêment intéressante de cette plante par la Distillerie des Menhirs, à Plomelin près de Quimper, qui distille le Eddu, un bon whisky à base de blé noir, mais sa récente déclinaison en "Gold" est trop chère, à ce prix je file dans les Islay. On utilise également le blé noir pour élaborer quelques bières, mais je suis nettement moins convaincu.

SARRASIN

L'échalote

Je ne veux pas vous infliger un couplet sur chacun des ingrédients de cette recette, mais concernant l'échalote, j'ai un vrai motif de contrariété, une fois de plus à l'encontre des zombies de l'Europe, je vais finir par passer pour un anti-européen, alors que c'est tout l'inverse!

Le Finistère en est le principal producteur mondial. Sa culture traditionnelle  s'opère par la plantation d'un bulbe, à partir duquel se développent les échalotes "en couronne" (reproduction par voie végétative). Or depuis quelques années sont vendues sous ce nom des pseudo-échalotes (souvent de Hollande) issues de semis (reproduction par voie sexuée, comme les oignons dont elles sont plus proches). Méthode bien entendu moins coûteuse... car très largement mécanisée. Nous avons bien essayé de faire que l'appellation "échalote" soit interdite à celle obtenue par semis, mais bien entendu, la Commission Européenne nous a donné tort.

Encore une culture traditionnelle menacée et des consommateurs trompés... Soyez vigilants lorsque vous en achetez, les vraies échalotes sont en général asymétriques, leur coupe transversale l'est également. Question saveur, on ne peut s'y tromper.

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Le lait ribot

Ce qu'on achète aujourd'hui sous le nom de lait ribot n'est plus du babeurre. Ce dernier est un sous produit de la fabrication du beurre. Une fois les vaches traites, le lait était placé dans une écrémeuse, pour recueillir la crème. Cette crème passait alors à la baratte (qui se dit "ribot" en breton, prononcez le "t" comme dans "canot"), où elle était agitée jusqu'à ce que la graisse s'agglutine en beurre. Le résidu de cette opération est le babeurre, un liquide plutôt acidulé, parfois bu ainsi au moment des repas les jours maigres, ou incorporé à la soupe, voire souvent directement versé dans l'auge des cochons.

Le beurre ensuite était lavé et malaxé dans une grande cuvette de bois, à l'aide d'une large cuiller et d'une sorte de pilon, nommé lui aussi "ribot" dans certains endroits. On le salait ensuite, pour assurer sa conservation (et parfaire son goût!), puis on le moulait.

Le lait ribot est aujourd'hui du lait fermenté, obtenu à partir de lait pasteurisé demi-écrémé ou écrémé, auquel on ajoute du lait en poudre écrémé, un peu de sel parfois, et des ferments lactés. C'est la fermentation, transformant le lactose en acide lactique, qui lui donne cette saveur acidulée très fraîche.

Grâce à Esterelle je me suis intéressé à ce produit, ce sont d'habitude d'autres liquides fermentés qui retiennent mon attention, la vie de blogueur, çà vous marque un homme... Elle m'a récemment demandé si j'avais connaissance d'une association entre poisson et lait ribot, et j'ai été aussi performant que si elle m'avait demandé de faire Paris-Brest à vélo. Néanmoins le sujet a piqué ma curiosité, d'où cette recette que je lui dédicace avec plaisir, car c'est une vraie bonne découverte!

Rôti de lotte au lard fumé et farz noir croustillant

Ingrédients

Pour le poisson

- une lotte de 1,6 à 2 kg
- une échalote
- marjolaine
- poivre blanc
- tranches fines de poitrine fumée

Pour le farz noir

- farine de blé noir
- œufs
- lait entier
- beurre (salé, mais c'est un pléonasme)
- une petite échalote (facultatif)

Pour la sauce

- pommes
- cidre fermier
- lait ribot
- curry doux

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Recette

Aucune difficulté particulière, mais il faut s'y prendre un peu à l'avance.

Préparations

- Vous commencez par préparer la pâte à farz, l'exercice est nettement moins athlétique que pour le farz au four. Dans une jarre, mettez une dizaine de cuillers à soupe de farine de blé noir. Ajoutez trois oeufs pas trop gros, puis remuez jusqu'à obtenir un mélange homogène. Difficile, mais  en ajoutant deux cuillers à soupe de beurre fondu lorsque l'oeuf est bien absorbé,  çà va tout de suite mieux. Versez ensuite très progressivement le lait, jusqu'à obtenir une pâte pas trop liquide, qui doit napper le dos de votre cuiller en bois. Réservez au moins deux heures, quatre si possible. Pour ajouter à ce farz, vous pouvez éventuellement mettre à colorer dans très peu de beurre une échalote hachée, voire quelques très petits dés de lard rissolés.

Puis vous mettez en route la base de la sauce, en épluchant et coupant en morceaux trois pommes reinettes ou comparables. Vous couvrez du tiers de la bouteille de cidre, et vous faites réduire jusqu'à ce qu'il n'y ait presque plus de liquide, recommencez jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de cidre dans la bouteille. Vous obtenez au final l'équivalent d'une compote un peu liquide,  peu lisse. Si elle vous paraît très acide, ajoutez une pincée de sucre.

- Il est alors temps de préparer le rôti de lotte. Depuis que vous lisez ce blog, vous ne laissez plus les poissonniers manipuler votre poisson (sauf pour le vider), c'est tellement mieux quand c'est fait au dernier moment... Commencez par enlever la peau grise, c'est très facile, beaucoup plus que d'ôter un gant Mapa mouillé, m'a-t-on raconté. Coupez la queue, et levez les filets en taillant le long de l'os. Parez soigneusement les « ailes » sans les détacher des filets. Tachez d'enlever le maximum de la membrane translucide qui couvre la chair, car elle se rétracte à la cuisson et déforme les filets. C'est le plus difficile et les poissonniers ne le font jamais.

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Ensuite, assaisonnez la face la plus plate de chaque filet, avec de la marjolaine, un peu d'échalote hachée (ou de l'ail, tout dépend de l'accompagnement que vous choisirez ensuite, ici l'échalote convient mieux) et du poivre blanc moulu. Placez ces deux faces l'une contre l'autre, les filets disposés tête-bêche pour obtenir une forme régulière. Repliez autour les ailes, assaisonnez à nouveau d'origan et de poivre, puis disposez tout autour les tranches de poitrine fumée, en longueur. Prenez de la ficelle à rôti et votre manuel de matelotage, puis  ficelez l'ensemble.

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Cuissons

- Commencez par le farz noir. Dans une poêle, mettez une généreuse noix de beurre à fondre, puis versez d'un coup toute la pâte. Laissez prendre un peu, puis ajoutez éventuellement l'échalote et le lard rissolés; remuez et procédez de la sorte jusqu'à ce qu'il ne reste plus de pâte liquide. Continuez la cuisson en feu doux,  en fragmentant le farz jusqu'à obtenir des morceaux à votre convenance, je les aime plutôt petits, mais ils perdent alors du moelleux. Quand c'est à votre convenance, rajoutez un peu de beurre, et laissez croustiller doucement le farz jusqu'au moment du service, attention à ne pas trop le durcir néanmoins.

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- Placez le rôti de lotte dans une broche fuseau ou panier, puis faites cuire devant un feu vif au départ, pour bien raidir le lard, puis plus apaisé ensuite. La broche au feu de bois et en plein air est idéale pour obtenir une consistance sèche et craquante de l'entourage de poitrine fumée. Inutile d'arroser en cours de cuisson.

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- Pour la sauce : mettez les pommes au cidre dans un blender, et mixez avec un peu plus de lait ribot que de pommes. Ajoutez une pincée de curry doux, et faites chauffer sans bouillon peu avant de servir.

- Le dressage est  simple, coupez le rôti de lotte en médaillons assez épais (voyez comme la chair est restée juteuse dans l'enveloppe de lard  avec cette cuisson, le liquide que vous voyez dans l'assiette n'est pas la sauce qui se décompose!), disposez dans des assiettes chaudes avec le farz et nappez de sauce .

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C'était vraiment bon, cette sauce fruitée et aigrelette a été une vraie révélation, je la garde telle qu'elle, elle devrait faire merveille sur d'autres plats, comme par exemple un  roti de porc fumé. C'est d'ailleurs ce qu'ont tenté dès le lendemain mes cousins avec lesquels nous avons partagés ce plat. Et même temps, ce n'est pas une bonne recette bretonne, car elle ne contient pas de pomme de terre...

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Bien évidemment nous n'avons bu ni cidre ni lait ribot, l'ethnocentrisme a ses limites, mais le délicieux cheverny rouge du Domaine des Huards.

Posté par Patrick Cadour à 08:08 - Commentaires [44] - Permalien [#]

Commentaires

Trop dur...ce farz me met déjà l'eau à la bouche!!

Posté par mayacook, dimanche 27 mai 2007 à 18:21

Alors là c'est vraiment génial !
J'adore ta recette vraiment, je sais pourquoi j'attends le vendredi avec impatience...
Bonne journée.

Posté par Eleonora, vendredi 1 juin 2007 à 08:44

J'ai raté la fausse annonce et je ne suis pas déçu de lire la recette en entier. Mais il faut être sacrément équipé pour faire cette recette, le système sur la cheminée a l'air top mais comment on fait quand on n'en a pas ? Barbecue ou grill du four ?

Posté par birgit, vendredi 1 juin 2007 à 09:04

Je crois que je commence à aimer le vendredi ! Et pourtant : je ne suis pas une fana de lotte ni de lait ribot (avec un t comme canot !), je suis allergique au blé noir et j'ai fini toutes mes pommes ... La photo est quand même particluièrement appétissante ! Je savais pas qu'on nous entubait à propos des échalotes, je vais de ce pas en parler à mon marchand ! Ai-je bien lu "cheverny" ? Très bon choix, c'est ma région d'enfance ;-)
Bon week-end !

Posté par chris de paris, vendredi 1 juin 2007 à 09:09

Ah cette Estérelle! Quelle inspiratrice!
Tu as raison, la lotte je ne l'aime que dans le curry de ma maman, partout ailleurs où je l'ai goûté, c'était caoutchouc et compagnie. Mais ton rôti... Il a un petit côté médiéval appétissant que j'adore!

PS C'est quand même mieux que la choucroute de poisson de chez Bricorama!;-)

Posté par patoumi, vendredi 1 juin 2007 à 09:15

Contrairement à toi j'aime bc la lotte, souvenir d'enfance peut être, pour des joues de lotte que faisait ma Maman. Les cosses de blé noir nous en faisons venir de Bretagne nous les utilisons en paillis dans le jardin. l'échalote oui je savais que nous avions perdu contre les faucheurs de goût. Bel équipement pour la cuisson à la broche, on sent l'amateur éclairé. Message perso tu as oublié de me dire si la recette précédente pouvait se manger chaude ou froide. Merci
Anne

Posté par Chambiers, vendredi 1 juin 2007 à 09:26

Mille mercis de cette dédicace, je n'en mérite pas tant, mais je vois que mon obsession récente du lait ribot permet à des recettes plus qu'exquise de naître. N'empêche que je bave devant ta cheminée, comment vais-je faire ???
En plus, tu ne pouvais pas le deviner, on a un mini-fan de sarrazin à la maison, qui réclame à corps et à cris dans son bain du "zinzin, zinzin". Ils sont fous ces Bretons, mais qu'est-ce qu'elle est bonne leur cuisine !

Posté par Ester, vendredi 1 juin 2007 à 09:31

Tout y est le décor la recette ,bon je me mets à table à table ....bises KENAVO

Posté par Colette à PARIS, vendredi 1 juin 2007 à 10:17

Vraiment superbe! Bravo!

Je tinvite à faire un petit tour ici, STP:
http://rosas-yummy-yums.blogspot.com/2006/05/brunch-du-dimanche-meme.html
J'aimerais que tu participes à un "meme (jeu)" que j'ai créé (si ça te dit...)!

Bises,

Rosa

Posté par Rosa, vendredi 1 juin 2007 à 10:24

J'aime bien la lotte même si c'est un poisson lait. Tout le monde sait que tout ce qui est beau n'est pas forcément bon et tout ce qui est laid n'est pas forcément mauvais.

Posté par Paprikas, vendredi 1 juin 2007 à 10:41

Voila une très belle recette qui sent bon les produits du terroir. Un peu difficile à mettre en pratique question cuisson mais quand on veut...

Je me souviens très bien de la baratte utilisé aussi dans nos campagnes mais j'ignorais absolument le terme "ribot"

Posté par Eglantine, vendredi 1 juin 2007 à 13:02

Facile manipuler la lotte?!?! Tu n'as pas vu ma bataille avec trois lottes qu'on m'a offert. L'armistice a eu lieu à trois heures du matin. Et la cuisine était Iroshima.

Posté par maloud, vendredi 1 juin 2007 à 13:04

Maloud n'a pas de chance si ça cuisine ressemblait à Hiroshima... personnellement, je ne bataille pas trop avec la lotte et ta recette me semble plutôt, comme dab, bonne... je suis moins bonne pour le ficelage du rôti, il faudra donc que le chef s'y colle... comme pour le tourteau!

Posté par mamina, vendredi 1 juin 2007 à 15:24

Au fait, j'ai oublié de féliciter le vainqueur du "Sucré-salé"... falait pas nous faire une si belle recette, maintenant tu as hérité du bébé!

Posté par mamina, vendredi 1 juin 2007 à 15:34

Bonjour,
J'ai souvent de la lotte à préparer et je fais un roti au lard comme le tien, mais je nappe de moutarde ancienne et d'échalotes - des VRAIES(légèrement suées dans le beurre).
Je vais me laisser tenter par la sauce, quand au farz, je le réservais au Kig a farz de l'hiver (plat convivial s'il en est !!).
Encore une bonne idée à expérimenter.
Merci
Bises frisquettes (un Kig a farz serait le bien venu, vu le temps).

Posté par Maï, vendredi 1 juin 2007 à 16:09

Ah, tu éclaires ma lanterne. J'ai bêtement demandé du baudroie à mon poissonier, il tenait absolument à me donner de la lotte, du coup je n'ai rien acheté. Quant au Whisky, il est bien moins cher en France. Nous avons été surpris l'été dernier du prix exorbitant du Whisky ( taxe!) en Ecosse.
Tu as raison la membrane translucide est pénible à ôter.
Ce roti de lotte va très vite finir dans mon assiette. En cocotte et cuisson rapide peut-être. Cette sauce, une petite merveille. Que j'aime ce poisson si délicat (and very dear) qui rappelle effectivement la langouste.
Merci encore

Posté par hélène, vendredi 1 juin 2007 à 18:28

Quand je vois ce que la bretagne t'inspire, il me tarde de la découvrir cet été… ce roti de lotte me paraît une belle idée.

Posté par b comme bon, vendredi 1 juin 2007 à 21:37

Chez nous, c'est la baudroie ! j'en ai souvent vu en plongée, assez profond, quand même ! C'est vrai qu'elles sont feignantes ... et moches ! mais j'espère que j'en verrai au marché demain car cette recette, il faut absolument que je la fasse ! Oh, et puis j'ai faim ! Mari et fils sont partis au ciné et moi, j'ai la flemme de me préparer quelque-chose ! Alors quand je vois ça, je meurs !!!
Ah, et puis bravo pour ton 1er prix. Je n'ai pas été rancunière, hein ??? Elle était trop belle, ta recette, même si je n'y ai pas goûté !!! ;o))
Grosses bises et bon week end
Hélène

Posté par Hélène (Cannes), vendredi 1 juin 2007 à 21:54

Pas eu le temps de venir te lire avant mais je vois que tu as posté à 8:08 ;-)
Ah, oui la lotte est flemmarde ET moche. Il y a en a qui ne sont pas gâtés par la nature. Mais je dois avouer que j'aime beaucoup sa texture et son goût (il faut bien avoir des qualités).
Je finirai par te féliciter pour le sucré s'invite chez le salé. Cet ananas t'a bien inspiré et je me réjouis déjà d'avance de ce que tu vas proposer. Tu veux toujours le beurre doux ?
Bises.

Posté par Sophie, vendredi 1 juin 2007 à 22:40

Je l'attendais avec impatience cette recette et je ne suis pas déçue...bien que je ne suis pas très fan du mélange porc-poisson (Ma grand-mère a cuisiné de la lotte au jambon a noel et ce dernier gâchait à mon goût la lotte....mais bon, je l'aime bien moi ce vilain poisson). En revanche la sauce et le fartz me charment totalement!!

Posté par mayacook, samedi 2 juin 2007 à 08:55

Malouine vivant aux Antilles depuis 20 ans sans le mal du pays. Mais à la lecture de votre billet, je suis brusquement nostalgique de l'odeur de l'iode, de la halle aux poissons à Saint-Servan et du souvenir de mon grand-père déchirant ses galettes de blé noir dans un grand bol de lait ribot chaque vendredi midi... Mais voilà, hé ! hé ! départ en vacances vendredi prochain. Avec dans ma valise, cette magnifique recette imprimée ! Merci !

Posté par Régine, samedi 2 juin 2007 à 15:30

je suis carrément bluffée tout me ravit, à commencer par la sauce au lait ribot tu imagines bien !

Posté par Cathy, dimanche 3 juin 2007 à 10:21

Quelle recette, mais quelle recette!!
Justement,le "lait ribot" ça faisait un moment que je le cherchais, j'ai fini par acheter du "lait fermenté" parce que de ribot, point, nulle part! Finalement je vois que j'ai acheté ce qu'il fallait!
La lotte en robe de lard, j'adore, j'avais déjà testé une recette de Jamie Oliver, une robe de lard et du pesto, comme tu dis la chair restait bien tendre... miam
J'adore ta sauce aux pommes, par contre je n'arrive pas du tout à imaginer à quoi peut ressembler le farz... Un vrai truc exotique!!
En parlant de poisson moche, chez nous en ce moment c'est les lamproies, quand on s'approche des bacs elles se jettent contre les parois et on dirait qu'elles essaient de nous choper!!! Bourrrrk!

Posté par Véro, dimanche 3 juin 2007 à 11:56

Même si elles n'attire pas tes faveurs...pour ma part, la lotte, si affreuse qu'elle soit... je l'aime! et cette recette également!
Au fait, bravo pour ton succès bien mérité aux saveurs salées sucrées!!!

Posté par Catherine, dimanche 3 juin 2007 à 15:08

Superbe recette ! A tester sur mon cobaye de mari qui déclare ne pas aimer le poisson, je suis certaine que cette association terre mer va avoir un succès fou :-)

Posté par suiksuik, lundi 4 juin 2007 à 13:10

Tu n'as pas osé montrer la tête de l'affreuse bébête...? ;-)

Au Portugal, on voit toujours la tronche de la lotte sur l'étal, et après, on s'étonne que les enfants n'aiment pas le poisson... :-D MDR!

Les produits de la Bretagne sont magnifiquement mis en valeur par ta recette. Mais je me doutais bien que ta participation serait brillante, de toute façon.

Merci Patrick! Bises.

Posté par Elvira, lundi 4 juin 2007 à 13:44

c'est exactement la recette que je recherchais pour la lotte...

Posté par Virginie, lundi 4 juin 2007 à 18:09

Et bien la lotte n'est pas de mon terroir mais je l'aime beaucoup et coïncidence, j'ai un billet aujourd'hui un peu semblable par certains aspects à tes origines bretonnes :o) !!!

Bonne semaine coco

Posté par Cocopassions, lundi 4 juin 2007 à 22:19

Tout est magnifique...je trouve même plus les mots et en plus c'est pédagogique à fond les ballons, j'adore !
Bravo !

Posté par lilizen, lundi 4 juin 2007 à 23:09

Excellent, vraiment excellent ! Je ne connaissais pas le far cuit de cette manière, et j'adore la sauce que tu proposes. Va falloir que je réfléchisse pour savoir comment remplacer la lotte, sans gâcher l'harmonie ... J'ai déjà quelques petites idées. En tout cas, cela va dans mes archives !

Posté par Valérie, mardi 5 juin 2007 à 05:50

Au fait, tout à fait d'accord pour ton combat concernant l'échalote, moi aussi cela m'agace !

Posté par Valérie, mardi 5 juin 2007 à 05:52

Un petit chef d'oeuvre ce billet Patrick. Tout me fait envie, a commencer par le farz, que je n'ai jamais goute. Pourtant j'ai la farine dans ma cuisine.
Je regarde attentivement ta cheminee, et je commence a me poser la question de ce que nous pourrions faire chez nous avec la vieille broche qui rouille dans un coin. Uhm, pas evident.

Posté par Gracianne, mardi 5 juin 2007 à 10:00

Lait ribot

Le lait ribot moderne, je ne connais pas bien l'ancien, est très fragile à la cuisson et se transforme rapidement en eau. Je pense que la sauce doit être préparée à feu très doux et en surveillant de près.

Concernant également le lait ribot, je n'en connais pas d'autre consommateur en France. Et pourtant le lait fermenté est un produit de base au Maghreb sous le nom de l'ben (voir la marque Yorik) et est régulièrement servi au petit déjeuner aux Pays-Bas, mais je ne me souviens plus comment ils l'appellent.

Posté par Gildas, mardi 5 juin 2007 à 16:16

Je garde volontiers ta recette pour l'hiver prochain !

Posté par Tit', mardi 5 juin 2007 à 17:09

Bien intéressant tout ça !! La recette me plaît car j'aime beaucoup la lotte de bien des façons et la langouste d'ailleurs juste cuite sur les braises avec un peu d'huile d'olive !! Tu oublies je crois la lotte du lac : on en trouve sur les étals en Haute Savoie, elle vient du Léman et se nourrit de perches et de truites, la vilaine !! D'ailleurs on ne voit jamais sa tête qui ferait fuir le client. La lotte du lac est plus petite mais très fine et douce ! Quand j'ai annoncé mon séjour en Bretagne on m'a tout de suite parlé de Roellinger et je suis assez tentée !!

Posté par senga50, mercredi 6 juin 2007 à 00:00

vraiment bien

salut je voulais juste te dire que ton site est super cool!!!!!

si tu veu vien voir aussi mon site :)

Posté par emily rose, mercredi 6 juin 2007 à 00:57

J'aime bien la lotte, moi! Mais c'est vrai que j'aime aussi les sauces qui ont du goût, je mange bien du panga ;-) Du coup j'ai découvert ta lotte au curry vert, deux idées tentantes le même jour! C'est trop!
Merci pour la technique pour en raidir la chair, ça doit être une vrai plus!

Posté par Pascale (ivs), mercredi 6 juin 2007 à 09:58

magnifique!

bonjour,
c'est un vrai plaisir suivre vos recettes.
J'ai mis votre lien dans mon nouveau blog, épices-moi.
cordialement

Posté par lory, mercredi 6 juin 2007 à 12:11

Merci pour ce petit "coup de gueule" contre l'Europe concernant les échalotes, je ne savais pas!
Et merci pour cette recette qui est magnifique!

Posté par Mimi, mercredi 6 juin 2007 à 16:56

attends, mais attends, là... bon, par quoi commencer... bon allez , le farz, encore un truc que tu vas devoir me montrer préparé par tes soins parce qu'entre ta photo de truc chelou et tes explications à la vas-y-que-j'te pousse, je suis sûre que je vais jamais y arriver, et j'ai jamais testé de farz salé, moi! et puis attends, le coup du gigot de lotte, là, assise je suis, assise je reste. enfin, la broche machin-truc devant le feu, alors là je m'exclame: mais quel équipement! en bref, je ne saurai me lancer que dans la sauce, ça tombe bien, tu as l'air d'être emballé!

Posté par alhya, mercredi 6 juin 2007 à 21:23

une bien belle recette, que dis-je..... Magnifique Recette , tu m'épates toujours toi!

Posté par nuage de lait, mercredi 6 juin 2007 à 23:13

La lotte est un poisson succulent. Ta recette est superbe.
La présentation de tes plat est un régal des yeux !

Posté par paola, jeudi 7 juin 2007 à 21:01

Plus laid que la lotte

C'est le poisson-crapaud, holobatrachus Didactylus, capable d'engloutir 3 belles seiches à la suite...
J'en ai trouvé du tout vif au petit bateau. J'en ai mangé le soir et c'était délicieux.
C'est sur Popote & Papote.

Ton rôti de lotte est vraiment créatif.

Posté par JCP, samedi 9 juin 2007 à 23:41

J'arrive un peu tard mais faut dire que je l'avais vu en avant-première cette recette.
Le farz noir, je le connais sous plusieurs formes mais préparé ainsi, directement à la poêle, j'avais pas encore vu. Oui aux lardons et aux échalotes qui en relèvent bien les saveurs.
Dans ta contrée, as-tu déjà cuisiné ou vu cuisiner un farz à base de blé noir, de purée sèche de pdt, de sel et d'eau ?
Ma grand-mère en faisait, ma mère continue à en faire et malgré toutes les recherches que j'ai pu faire dans les bouquins ou sur internet, je ne trouve pas d'historique. En breton, ça se prononce "Youte" mais je n'ai pas l'écriture exacte.
Bises

Posté par domie, mardi 12 juin 2007 à 12:14

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