Cuisine de la mer

Cuisine des poissons, coquillages et crustacés

vendredi 16 novembre 2007

Sole grillée

A force d'écrire des billets sur les fantômes, vous pourriez croire que j'en suis devenu  un, tant je suis absent des blogs ces temps-ci, ne répondant que rarement aux commentaires que vous me laissez, dont il est inutile de préciser que je les apprécie toujours autant! Le fait est que je maîtrise pas totalement mon temps depuis quelques semaines, et qu'en plus une véritable boulimie de lecture hors écran m'a repris, je vais d'ailleurs vous parler d'un excellent livre au cours de ces quelques lignes. Enfin, dites-vous qu'un fantôme est avant tout un revenant, et que je n'ai pas envie que se distendent les liens très sympathiques nés au travers de CdM.

Du rififi à Trégasoil

Je vous ai annoncé que je vous dirai quelques mots sur le récent conflit des marins pêcheurs, le temps me manque pour faire un  papier un peu complet, juste en quelques mots, dire que le carburant est de plus en plus cher, et qu'ils en ont de plus en plus en plus besoin. En effet, à force de pêche à outrance, il faut aller plus loin et déployer des moyens plus lourds pour espérer ramener la même quantité de poissons.

Cela les pêcheurs le savent bien et beaucoup sont prêts à entrer dans un processus de rationalisation de la ressource, ou alors ils n'ont pas le choix, comme par exemple pour la coquille saint jacques, où les dates et les horaires de pêche sont imposés et strictement surveillés.

Ce qu'ils admettent moins, c'est  de se retrouver à la même enseigne quant aux contraintes, que les pêcheurs industriels, lesquels se comportent parfois en véritables pillards braconniers. Par ailleurs, et c'est une constante pour les produits alimentaires, ils ne peuvent accepter (et moi non plus), que l'augmentation vertigineuse des poissons et fruits de mer (y compris d'ailleurs les poissons d'élevage!) ne leur profite que si peu. Je n'ai pas le temps de développer, je vais me contenter de deux anecdotes entendues en Bretagne il y a une quinzaine de jours, en plein conflit, c'est un peu "Café du commerce", mais je connais de pires endroits.

La première, j'étais au Halles Saint-Louis à Brest pour acheter les lisettes que je vous ai présentées la semaine dernière, quand attendant sagement mon tour, j'entends l'un des officiants de la poissonnerie parler à un client de ce mouvement des pêcheurs; genre, on ne voit pas de quoi ils se plaignent : "Vous conaissez l'histoire qu'on raconte au Guilvinec? Je la tiens d'un fils et petit fils de pêcheur (mais bien sur...) : Vous savez comment on reconnaît la maison d'un marin pêcheur? Et bien, les poignées de porte sont en or, même celle des toilettes!" Textuellement. Autant vous dire que j'ai quitté l'endroit (où les prix sont astronomiques et grimpent tous les jours, çà va encore quand on achète des maquereaux, mais pour le reste, il faut être motivé, ou marin-pêcheur de la grande époque).  C'est vrai qu'il fut un temps où la pêche était abondante et lucrative, ce n'est vraiment plus le cas pour les petits armements.

La seconde, c'était à la Coopérative des Marins  du port de l'Aber-Wrach, elle est plus instructive : sur le ton  "on n'en peut plus avec tous ces contrôles, c'est d'ailleurs ce qui a mis le feu aux poudres au Guilvinec" (ce qui est exact, le mouvement qui couvait depuis un bon moment a pris corps après un énième contrôle du maillage des filets).

" Ils nous emmerdent vraiment, c'est normal qu'il y ait des contrôles, mais se faire inspecter cinquante fois pour la même chose, c'est n'importe quoi, et c'est fait sans aucune coordination. Figurez que sur le port où sur le plan d'eau, il y a parfois en même temps les Douanes, la Gendarmerie Maritime, et jusqu'aux gendarmes de la brigade de Lannilis (le chef-lieu de canton) qui font du zèle. Et toujours pour les mêmes conneries, le matériel de sécurité, la façon dont le nom des bateaux est inscrite  (il y a un pêcheur qui s'est pris une amende parce que le nom n'était pas marqué au tableau arrière!). Et le plus beau de tout çà, c'est qu'il n'y a jamais personne au débarquement de la pêche, quand il faudrait surveiller ceux qui ramènent des poissons en dessous de la taille réglementaire."

Voilà, je vous laisse méditer là-dessus, j'ajoute seulement que tout rudes et parfois tricheurs qu'ils soient, je les aime bien ces marins de la petite pêche, et que lorsqu'ils ramènent du poisson même écologiquement incorrect comme la sole dont il faudrait restreindre les prélèvements (comme de presque tous les poissons dits nobles, hélas), et bien c'est à eux que je l'achète, je me fais doublement plaisir!

Calme plat chez les soles

J'avais entendu parler de ce livre dans une émission, j'ai fini par l'acheter, et je ne regrette qu'une chose, c'est de ne pas l'avoir écrit!

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Marc Giraud est naturaliste, un vrai et un passionné, qui connaît (entre autres) la vie marine dans ses détails les plus scientifiques, pas seulement les comestibles, et d'ailleurs il n'a qu'une opinion mitigée à l'égard de ceux qui donnent des recettes, sans poser la question du contenu responsable des assiettes.

Il traite aussi bien ses moeurs des oiseaux de mer et des cétacés, que des caractéristiques physique du byssus de moule ou  des mutations de tous ceux qui peuplent la mer et l'estran. Vous y retrouverez quelques unes des histoires que j'ai déjà racontées ici, mais j'en ai appris des tonnes, il va devenir un  livre de référence pour mes prochains billets. La plume est alerte et drôle, une quintessence du gai savoir comme je l'aime, parfois truculente et se laissant aller à des jeux de mots que franchement, je me demande si je les oserais, et pourtant je ne vous épargne pas!

Rien que le titre du livre que j'ai lu d'une traite en une nuit, en est un. Ce titre surgit dans le corps de l'ouvrage, en dernière partie, lorsqu'il consacre un gros chapitre à la destruction de l'espace maritime. Son approche du sujet est juste de mon point de vue, elle n'est pas culpabilisante, elle évoque des solutions globales d'ordre inter-étatiques, tout en conseillant des gestes quotidiens que nous autres consommateurs de produits de la mer ou simples promeneurs de l'estran, ferions bien de transformer en habitudes.

Ô sole mio

Oui, c'est bon la sole grillée, mais pour rester dans la gamme, elle n'est qu'à demi  facile à dorer la sole. Puisqu'il est désormais convenu (et imprimé) qu'on a le droit aux giochi di parole pour évoquer les animaux marins, j'aurais bien envie de vous interpréter un concerto en sole meunière, mais sachons limiter nos ambition, le poisson est déjà suffisamment gros à avaler.

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Une très belle pièce d'environ deux kilos, encore palpitante, vous apercevez qu'elle est encore enduite de mucus, signe le plus évident de sa fraîcheur. Il n'y a rien de très passionnant à raconter sur la sole, c'est une bête placide qui reste tapie, plus ou moins enfouie dans les fonds sableux, attendant patiemment qu'une proie passe à sa portée, et hop, elle l'aspire littéralement. En cela, il est bien pratique qu'elle devienne plate à un moment de son existence. En effet, lorsqu'il est jeune, ce poisson est comme les autres, il nage à la verticale, et à un oeil de chaque côté de la tête. Puis, lorsque lui prend l'envie de se poser, son oeil gauche passe du côté droit (chez d'autres espèces, c'est l'oeil droit qui change de côté).

Elle devient alors celle qu'on connaît, une peau sombre au dessus, et la partie qui reste tournée vers le sol bien blanche. Peu mobile comme elle l'est, il y lui a fallu comme à presque tous les poissons plats, trouver un subterfuge pour tromper les prédateurs. Alors, telle un caméléon la sole change de couleur en fonction de l'aspect du fond sur lequel elle repose. Ce que j'ai appris en plus dans le livre dont je parle ci-dessus, c'est que ce mimétisme passe par la vue. Si vous lui présentez une couleur différente à chaque oeil, sa peau va prendre une teinte intermédiaire. Et si vous lui crevez les yeux, elle ne change plus de couleur.

Crever les yeux à une sole? C'est bien une cruauté de scientifiques. Peu de poissons ont une telle parure, l'un de mes copains pêcheur la nomme "la demoiselle aux yeux verts".  Et vous savez quoi? Évoluant dans la mer, les yeux des poissons n'ont pas besoin de larmes, la sole n'est pas pleureuse.

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Sole grillée

Ingrédients

- une grosse sole
- beurre
- sel
- poivre blanc

Recette

Le plus coton est d'ôter la peau de la sole. Plus elle est grosse, plus elle est fraîche, et plus c'est difficile. Le poissonnier vous le fera, mais le pêcheur, vous pouvez toujours attendre! L'exercice consiste à l'entailler du côté de la queue, jusqu'à en dégager un lambeau assez grand pour le saisir dans un coin de torchon. Avec un autre torchon, vous la tenez solidement par la queue, et vous tirez, fermement mais pas trop vite pour des sujets de ce calibre, vous risqueriez sinon d'arracher des bouts de chair. Vous finissez de l'habiller en rognant aux ciseaux les nageoires de chaque côté. Normalement, je laisse la tête, mais là, elle dépassait de ma plaque de cuisson! Alors oui, c'était une maman avec ses oeufs, dommage... mais c'était la seule de cette taille.

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Dans ma pourtant très complète panoplie de Captain Seafoods, il est un outil dont je ne veux pas, c'est ce fameux couteau à filets de sole. Je trouve en effet que sans ses arêtes, la sole perd beaucoup de sa saveur. Ce n'est pas pour rien que c'est avec elles qu'on confectionne le meilleur des fumets de poisson. Alors, ne levez pas les filets, et pour vos fumets, demandez les arêtes à votre poissonnier, il en a plein, compte tenu du nombre d'ignorants qui lui demande des filets!

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La suite est d'une extrême simplicité, beaucoup de beurre, du sel et du poivre, et vous la mettez à four très chaud (mais pas au gril) jusqu'à ce qu'elle prenne un beau bronzage, à doser en fonction de l'épaisseur du poisson.

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Si vous avez bien travaillé, vous obtenez des filets bien fermes et juteux, comme ci-dessous, ce que j'appelle le juste rose à l'arête, lorsqu'un peu de chair reste collé à l'arête centrale, et que les arêtes adjacentes ont conservé leur teinte rosée.

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Pour en terminer, je vous suggère une variante intéressante, à réserver à de plus petits sujets. Vous préparez le poisson comme ci dessus, puis vous confectionnez une manière de croûte à crumble, en mélangeant une chapelure très grossière (je concasse de ces petits pains d'épeautre grillés qu'on trouve dans les magasins bios), que je malaxe avec du beurre et du sumac. Une fois cuit, on obtient ceci. Le poisson est moins bronzé, normal, vu qu'il est plus mince (ce sont des soles dites "portion"), il passe moins de temps au four!

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Posté par Patrick Cadour à 07:07 - Poissons - Commentaires [35] - Permalien [#]

Commentaires

Ah, oui, la sole, la reine des étals (des étaux ?). Quand j'étais petite, ma Mamie filait au marché dès potron-minet le vendredi (tiens, tiens !) et rapportait des petites soles pour me régaler. C'est un super souvenir d'enfance.

Un truc que je ne comprends pas dans le conflit des pêcheurs : le prix du gasoil ne rentre pas dans le prix du poisson ? Parce que au prix où il est sur les étals à Paris, on pourrait même croire qu'il est venu en transport spécial, tu vois ce que je veux dire. J'ai été halluciné d'entendre le prix de vente des pêcheurs et de constater la "culbute" (à mon avis, c'est pas chez les pêcheurs que les poignées de porte sont en or massif).

Tu vas être épaté : j'ai cuisiné du saumon ET de la lotte cette semaine (mais je n'ai pas mis les recettes sur mon blog !)

Allez, à bientôt, bonne lecture ;-)

Posté par chris de paris, vendredi 16 novembre 2007 à 10:24

Magnifique sole et très instructif billet sur la réalité de la vie des pêcheurs...
C'est pareil à Loctudy quand on y passe ;-)

Posté par Débo, vendredi 16 novembre 2007 à 10:37

A mon avis les problèmes causés par la hausse du carburant ne se limite pas qu'aux pécheurs mais malheureusement ils étaient les seuls à protester.
A mon goût t'as choisi la meilleure cuisson pour cette sole juste un peu de beurre et après au gril et la sole garde toute sa saveur.

Posté par Paprikas, vendredi 16 novembre 2007 à 10:55

un blog délicieux, aux odeurs d'iode, qui me régale les papilles... vive la Bretagne!!!

Posté par poulpinette, vendredi 16 novembre 2007 à 13:59

Le problème pour nous, simples consommateurs c'est que l'information sur les poissons est plus que nébuleuse. S'il est facile sur un étal de reconnaître un fruit ou un légume exotique, une viande de ferme ou d'élevage intensif, la ménagère, souvent terrienne de nature, aura beaucoup de mal à choisir écologiquement son poisson. Tu dois faire attention à la localisation géographique de la bête, la façon dont il a été pêché, son risque d'extinction et la période de pêche soit tout un apprentissage du monde marin... ton blog m'aura beaucoup éclairé.

Ceci ta petite sole au four me fait terriblement envie ! c'est ainsi, simple, que je préfère le poisson.

Posté par Eglantine, vendredi 16 novembre 2007 à 14:11

Elle est presque humaine. Veillissant, la gauche tourne à la droite.
Je ne cuisine que les grandes soles et je sais
arracher leur peau. Il y a chez-moi des amateurs des petites, mais à Porto il y a des bons restaurants pour ce genre de miniatures. Face au port. Elles peuvent sauter du bâteau pour l'assiette.

Posté par maloud, vendredi 16 novembre 2007 à 15:55

Comment, tu n'es meme pas equipe pour cuisiner les grandes soles? je n'y crois pas.
Au train ou ca va, je me demande s'il restera un jour des pecheurs dans nos ports de peche. Et si nos enfants mangerons encore des soles.

Posté par gracianne, vendredi 16 novembre 2007 à 16:39

j'en bave devant cette recette..... que je garde dans un petit coin de ma tête pour les futures soles qui viendront se prendre dans mon filet ..... plus les années passent et moins il y en a ,l'été 2007 a été pourri en matière de pêche aussi .... habituellement nous arrivons à passer l'hiver avec nos soles mais là nous n'avons rapporté que les patates ... .... tu ne croies pas aussi que les goémoniers qui traînent le long de "notre" côte y sont un peu pour quelque chose??

Posté par minomi, vendredi 16 novembre 2007 à 18:30

Et me voilà en train de fredonner "O sole mio".
Heureusement je suis chez moi et plus rien n'étonne Stanislas et le marmitons...

Posté par samania-Murielle, vendredi 16 novembre 2007 à 20:37

Oh bah mon commentaire de ce matin n'a pas fonctionné !! J'avais un doute, c'est pour ça que je suis repassée... et j'ai bien fait on dirait !! Est-ce que tu serais en train de m'éviter ? de me laisser dans une SOLitude abSOLument inSuppOrtabLE ?? pffff... bon en gros je disais que j'aimais beaucoup la sole, surtout étant petite (moi, pas la sole) et que j'avais adoré ta "Sole qui ne pleure pas", un de tes plus jolis jeux de mots ;o)

Posté par émilie, vendredi 16 novembre 2007 à 20:50

Ah, vendredi c'est poisson pour moi... le poisson de mon Papat' adoré. C'est toujours très intéressant de lire son billet hebdomadaire. On attend de savoir si sera laconique, cynique ou humouristique. Je n'ai pas de préférence, je me régale à chaque fois. Bon, j'avoue parfois repartir de ton blog un peu démoralisée, pessimiste. Je crois que les solutions pour soigner les maux de la mer ne font pas le poids face à la bêtise humaine et je me sens parfois désarmée. Imaginer que dans 10 ans, je ne pourrais peut-être plus déguster certains poissons ou fruits de mer, sans y mettre le prix, ça m'attriste. Mais les gens restent sourds et aveugles, attendant qu'on vienne leur dire "c'est foutu!!!".
On vit une drôle d'époque.
Bah, je garde quand même espoir. Hein, tu vas nous faire un jolie prochain billet qui redonne espoir!!! Y'a bien un poisson ou un fruit de mer que l'Homme a réussi à préserver de l'extinction non? A toi de me raconter ça...
Bizzzzzzzzz,
Alexandra.

PS: je te dédicace ma dernière recette que j'ai réalisé en pensant à toi...

Posté par Miss Tiny, vendredi 16 novembre 2007 à 23:22

Je me souviens de la sole de cet été, achetée à la
femme du pêcheur de Lannilis, tellement fraiche
qu'elle sursautait encore le midi et que j'était in-
capable de l'assommer pour la faire cuire !!
Cuite avec sa peau, quel régal ce fut le soir
.
Je crois que si nous voulons préserver les réserves
minérales, pétrolières et aussi halieutiques c'est une autre conception de la croissance qu'il faudrait
Nous n'en prenons pas le chemin.

Ce livre "Calme plat chez les soles" me tente bien
Merci pour ces lectures du vendredi .....

Posté par gabriella, vendredi 16 novembre 2007 à 23:52

Cher Patrick,
Une nouvelle fois, tu éclaires ma lanterne. Merci.
Ceci dit, je viens de me brûler avec mon thé devant la taille de ta sole, je n'en ai jamais vus des comme ça (et pourtant, ma maman achetait son poisson au port de pêche de Lorient)!
Par contre, cette même maman n'enlevait pas la peau des petites soles qu'elle achetait (je savais même pas que ça se faisait, ouh la honte).

Posté par patoumi, samedi 17 novembre 2007 à 10:56

Je me sens bien "sole"

Ma douce et adorée sole ! tu ne va devenir qu'un délicieux souvenir !
Il fut un temps (il n'y a pas si longtemps), tu nous tombais dans l'assiette sans rien demander et tu nous régalais jusqu'à en être repus ! Petite solette, où es tu passée ? Tu nous manques terriblement...
Je ne pense pas avoir mangé une seule fois de la grosse sole. J'ai un peu de peine toutefois à te voir enlever la peau, mais elle perd peut-être de son intérêt sur les gros sujets. Tu vas sans doute me répondre.
Grillée comme ça avec ce bon beurre, je ne dirais pas non.
Les solettes, nous les préparons exclusivement au beurre mais à la poêle en prenant soin de bien les retourner rapidement car leur fraicheur les fait se racornir.
Vu le prix de sole sur le marché, je m'interdis d'en acheter. Une sole de 2 kg, c'est un beau gabarit mais mon porte-monnaie fait la moue !!
D'accord avec toi pour la couleur de l'arête, valable pour d'autres poissons.

Posté par domie, samedi 17 novembre 2007 à 17:38

Oh my god ! cette sole est superbe ! Je cherchais justement la semaine dernière un article chez toi sur la bête pour illustrer un billet.
Bon, j'espère que nous aurons l'occasion de nous revoir et que cette fois, je ne resterais pas coincée entre deux chaises.

Posté par Hélène, samedi 17 novembre 2007 à 17:41

Merci ....... j'ai trouvé le cadeau que je cherchais pour mon mari. (que je m'empresserais de lire).
La sole, miam, les petites soles qu'on pêche à la fourche ....
Mais il ne faut pas la manger trop fraîche, elle gagne à rancir 1 jour.
Bon week end

Posté par Maï, samedi 17 novembre 2007 à 19:21

C'est vrai qu'à te lire, les sentiments sont mitigés: on est ravi d'en apprendre un peu plus, on s'imagine devenir plus attentif à se qu'on envisage d'acheter et de cuisiner, et puis parfois on se demande s'il ne faudrait pas être beaucoup plus sélectif, cesser d'acheter certaines variétés... l'actualité de la colère des petits mariniers, les longs métrages sur la question rendent nettement plus pessimistes et on se demande si notre maigre prise de conscience peut être d'une quelconque utilité face à la grosse machinerie industrielle et aux intérêts mis en jeu...
Mais, comme tout ça est dit avec humour (grinçant) je reviens lire avec plaisir! Allez, bon dimanche!

Posté par Pascale (ivS), dimanche 18 novembre 2007 à 13:25

Une sole géante, je ne pourrai même pas la cuisiner parce que je n'ai pas le matériel adapté et puis comme en plus tu dis qu'il faut faire attention à ne pas trop en manger... Bref, je passe mon tour et me prends à rêver sur la saveur de ton plat.

Posté par Sophie, dimanche 18 novembre 2007 à 20:39

Ce soir, j'ai provoqué des "qu'est-ce qu'il y a ?" en souriant un peu fort ou en m'exclamant : "oh que c'est beau !" depuis mon antre à ordi. Alors j'ai raconté que les maquereaux faisaient leur kaéidoscope pour éblouir les chasseurs et que les soles se couchaient en attendant d'avoir les deux yeux du même côté. Après, j'ai dit qu'on pouvait les leur crever si on voulait garder une couleur assortie à notre déco et ma fille a fait "beuark". J'ai toujours été passionnée par ce genre d'histoires. ça me contrarie beaucoup d'avoir à acheter un bouquin qui les raconte tout comme toi mais qui ne soit pas de toi. M'enfin. je crois que je vais être déloyale et me laisser faire quand même. Dès que j'aurai fini de payer mes poignées de porte en platine, je le commande.

Posté par dedicacessen, dimanche 18 novembre 2007 à 22:55

humm j'en voudrais bien une preparée comme ça pour mon dejeuner !

Posté par salwa, lundi 19 novembre 2007 à 07:55

Oulala, moi mon commentaire est bien plus basique : tu m'as bien donné envie de lire le livre et ta recette m'a fait penser que je n'ai pas dégusté de sole depuis bien longtemps.
Dis moi, tous tes lecteurs sont BAC+12 ou quoi ???

Posté par Foodie Froggy, lundi 19 novembre 2007 à 08:32

Maintenant que je connais les lieux, je vis ton récit !! J'ai préparé presque la même sole mais à la façon de W Ledeuil : Que c'est bon !! Je viens de déguster aussi chez des amis de Bretagne sud est !!! un bar pêché par le papa au beurre blanc !! Une bête géante à tomber par terre de bonheur !! J'ai pensé à toi !!

Posté par senga50, lundi 19 novembre 2007 à 09:47

Patrick pourquoi n'es tu pas venu ? J'ai le même pour toi à la maison.
Rahhh!!! C'est pas juste j'ai le ticket qui prouve que je te l'avais acheté le 23/10/07
et en plus à Verdun en remontant de vacances,chez Duché, rue Mazel, ça ne s'invente pas, et comme
quoi même en Lorraine loin de la mer et des océans ils savent vivre.
Et maintenant je fais quoi avec mon livre plus très frais, qui sent bon les dragées et la mirabelle ?
Et je t'apporte quoi comme livre dès que je te vois incessamment sous peu ?
J'ai bien quelques titres mais ils ne sont pas encore écris....
Ôh nage au désespoir.
Tout roule pour le mérou !
Le merlan est fainéant et lent ?
L'anguille frénétique frétille.
Léonard le homard flémard.
Comme on dit chez moi pas de ça lisette....c'est un maquereau.
Je peux toujours te broder un tablier bleu "c'est moi le chef du banc" avec plein de jolis poissons argentés comme il se doit vu tes activités mais ce sera très long à faire <§;o).
M°O° très ennuyée.

Posté par Marie-Odile, lundi 19 novembre 2007 à 10:30

Trégasoil, Trégasoil, je repère pas sur ma carte higéhènne, c'est près d'où ça ?... P***, j'croyais quand même bien le connaître mon p'tit coin d'France favori ! Et là, tu m'poses une colle... Trégasoil, Trégasoil... C'est par où qu'on y accède, dis ?... Ou, si y'a un jeu de mots, faut m'expliquer, parce que je comprends que dalle. Pour que j'pige, file moi donc la clé... de sole.
:)

Posté par Tit', lundi 19 novembre 2007 à 10:48

Virer la peau de la sole, c'est un exercice surhumain qui mène direct d'ordinaire en institution psychiatrique.

Posté par Estèbe, lundi 19 novembre 2007 à 11:29

lectures et pêcheurs

Bonjour Patrick,

Oui le livre "calme plat chez les soles" est un livre de bonne qualité, que j'ai lu aussi comme toi. Actuellement je suis dans un autre, qui ne se lit pas comme un roman, mais qui est vraiment très instructif et qui nous met devant nos responsabilités car il nous dit ce que nous pouvons faire "pour réparer la planète" et nous pouvons faire beaucoup de choses chacun à notre niveau !
Zut alors d'habitude l'on peut invoquer le manque d'entrain de nos dirigeants, et puis là on nous dit que nous pouvons beaucoup faire par nous même.......et donc que nous devons le faire maintenant là tout de suite....!
Pêcheurs, il est très difficile de schématiser, car la taille du bateau, le nombre d'hommes, le but de la pêche, sont autant d'éléments qui changent la donne ! Ce qui est sûr c'est qu'un certains nombre de pêcheurs "côtiers" ont commencer à vouloir "faire dans le durable " déjà depuis de nombreuses années et curieusement ce sont cela que nous n'entendons pas beaucoup se plaindre !
Pour ce qui est des contrôles en mer, je rappelle pour les journalistes et pour les lecteurs des journaux, que ce sont les organismes professionnels des pêcheurs qui édictent "les règlementations de pêche" et donc dans la majorité des cas les syndicats professionnels locaux !
Puis ils délèguent les pouvoirs de contrôles aux affaires maritimes, à la police maritime, et à la gendarmerie maritime, peuvent intervenir également les douanes pour les hauturiers (ou pour des agissements qui n'ont franchement rien avoir avec les produits de la mer) !
Mais là comme ailleurs il peut exister des coïncidences regrettables et aussi des gens qui oublient qu'ils sont responsables de la sécurité de ceux qui travaillent à bord.
Je constate quant à moi que les prix des produits de la pêche n'ont jamais autant grimpés que ces deux dernières années, je m'en suis fait l'écho, dans deux édito récents...quand à l'élevage de poissons c'est un autre débat qu'il va falloir instituer très bientôt car les asiatiques notamment très versés dans la chose commencent à constater les pollutions dues à leurs élevages ! D'autres constats français ceux -là montrent que beaucoup d'élevages de coquillages de nos côtes commencent à "manquer" de nutriments ......

oui effectivement il est grand temps de réparer la planète !
cordialement

Posté par Dino, lundi 19 novembre 2007 à 15:55

Depuis que je lis ton blog, j'hésite pendant un bon moment chez mon poissonnier et je pinaille sur les zones de pêches, cela ne me rend pas experte plutôt perplexe. Avant j'avais pour critère : si c'est pas trop cher (je m'entend) c'est que c'est de saison donc on peut y aller. Je fais ça avec les légumes et les fruits et là ça marche. Mais avec toi je me rends compte que ce n'est pas si simple. On va quand même pas acheter des poissons surgelés en cube. Tu pourrais pas nous donner le bon tuyeau, la petite règle infaillible à utiliser quand on est chez le poissonnier ?
Merci et à bientôt

Posté par birgit, mardi 20 novembre 2007 à 16:14

Propos de poissonnier

C'est parfois beucoup plus vulgaire qu'une poissonnère, un poissonnier.
Toulouse, marché Victor Hugo : je ne me rappelle plus quelle était la variété du poisson, mais je m'adresse à l'un des vendeurs :
"Ils sont ben petits ces poissons..."
"Bouducon! c'est sûr, ils font n'importe quoi les pêcheurs. Ceux-là, i' font 3 cm de moins que la taille réglementaire, regardez le tableau là, voyez bien qu'i' sont trop petits."
"Oui, justement, je vois. Mais alors pourquoi vous en avez ?"
Et là, le vendeur devient rouge comme un homard ébouillanté et, soufflant comme un toro et me lançant du regard des rafales de mitraillette, il conclut : "Mais putain, si c'est pas nous qui les vendons, ça sera les autres !!!"
Ça ne vous rappelle rien ?

Posté par Mag à l'eau, mardi 20 novembre 2007 à 20:25

J'ai adoré le Rouget qui fume et le Pagure qui prend des auto-stoppeuses, entre autres. J'ai dévoré le livre de Marc Giraud lors de mon dernier séjour dans ton pays!
La Belle sole que voilà : chez nous, c'est la demoiselle de Grandcamp. Quand on déguste une sole "portion" là-bas, c'est une belle bête de 800 grs environ que l'on a dans l'assiette.

Posté par Pen Prad, mercredi 21 novembre 2007 à 11:52

tout simple mais alors si bon
j'adore la sole , et elle est le poisson préféré de mon mari qui par contre ne raffole pas de poisson mais si il s'agit de la sole alors là c'est autre chose

Posté par nuage de lait, mercredi 21 novembre 2007 à 22:43

oups

Il est toujours aussi passionnant de lire tes billets, où on apprends énormément de choses, c'est un régal des yeux aussi
Diantre , je croyais la sole plus petite, excuses l'ignare en la matière que je suis.
Un sole de deux kilos doit valoir fort cher par les temps qui courent.

jupi

Posté par jupiter, jeudi 22 novembre 2007 à 19:45

Quand j'étais petite, mon gentil papa m'achetait tellement de soles que j'ai fini par lui dire que je ne les aimais pas. C'est snob, n'est-il pas ? Maintenant je les adore de nouveau.

Posté par Anaik, jeudi 22 novembre 2007 à 20:08

Moi quand j'étais petite nous ne mangions que très rarement de la sole, car elle était trop chère. De temps en temps, cependant, pour faire plaisir à toute la famille, maman achetait des solettes délicieues simplement passées à la poële dans un peu de beurre comme vous avez fait.
La sole est un vrai produit de fête.

Posté par Marie-France, jeudi 22 novembre 2007 à 20:51

Purée, ben si même chez les soles,y en a qui sont de gauche, et d'autres de droites... non mais vraiment le monde part à vau l'eau!!
Inutile de te dire que je n'ai jamais préparé de sole moi-même, ni même jamais vu de sole aussi grosse!! Y a pas, vu de près comme ça, ça a vraiment une drôle de tronche!!
C'est un poisson que je ne consomme pas du tout, par ignorance car je n'en mangeais jamais chez ma mère... Je vais donc continuer ainsi (ça a l'air bien bon, pourtant, ce gros plan avec les filets qui se détachent de l'arête centrale)si tu dis qu'elle est pas écolocorrecte... mais bon sang qu'est-ce qu'on va bouffer dans dix ans!!
PS: quand même, une maman et ses oeufs, peuchère...

Posté par Véro, jeudi 22 novembre 2007 à 21:20

Absent, toi? Arrête, on dirait que t'as des antennes... La sole est une de mes madeleines de Proust, ma grand-mère les payait une fortune chez son épicier-poissonnier-primeur d'en bas...

Posté par Cocotte, jeudi 22 novembre 2007 à 22:32

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