vendredi 30 mars 2007
Tourteau à l’armoricaine
Je le sais bien, je vais paraître une fois de plus chauvin en nommant "armoricaine" une recette qui à l’origine était "américaine". Aucun complexe, car c’est une sauce fusionnelle par ses origines, le premier à l’avoir mise au point, c’est Pierre Fraysse, un cuisinier sétois, qui après un séjour aux Etats-Unis, a ouvert à Paris un restaurant, le Peter’s. Un soir de coup de feu, il a apprêté des homards bretons dans une sauce avec des tomates, des échalotes, de l’ail, et un mouillement de vin blanc et cognac, entre autres, recette qu'il a baptisée curieusement "homard à l'américaine".
Elle a ensuite été nommée armoricaine par des cuisiniers bretons encore plus chauvins que moi, car elle se prête bien aux crustacés; toujours sans parti pris, reconnaissons que c’est en Bretagne qu’on trouve les meilleurs crustacés.

Quelques considérations sur le tourteau
Le tourteau est un gros crabe paresseux. A ce point que l'un de ses noms communs est "crabe dormeur". Cette particularité facilite sa capture, car il suffit de s'approcher sans bruit, pour surprendre l'animal dans son sommeil. Ce caractère endormi rend en revanche le transport du tourteau plus onéreux, car il faut absolument prévoir des wagons couchette.
Lorsqu'il n'est pas pêché, l'existence du tourteau est très paisible. Tout jeune, il se dissimule habilement sous un petit galet qui va grandir avec lui. Le cousin terrestre de ce crabe, le tourteau fromager, est tout aussi nonchalant, à ce point que la nature a jugé inutile de le doter de pattes, tellement il fait peu de mouvements.

Il a beaucoup de difficultés à trouver sa nourriture, et le plus souvent, c'est sa nourriture qui le trouve. En effet, le crabe chasse à l'affût des bêtes lentes, indolentes, et molles, telles que mollusques, vers, holothuries, petits crustacés et poissons morts. Parfois toutefois, le tourteau doit faire des efforts, notamment pour se reproduire. Il se rend alors dans une officine spécialisée, monte sur une photocopieuse, et se reproduit en plusieurs exemplaires. Il évite ainsi l'agitation épuisante d'une cour assidue et de la gymnastique qui en résulte.

Rien de passionnant en somme, et que des bêtises en fait, le tourteau se déplace beaucoup, on a même mesuré qu’il pouvait accomplir des trajets de plusieurs dizaines de kilomètres par mois. Par ailleurs, la féconditéde ce crabe est élevée. Le mâle féconde la femelle quand elle est molle, c'est à dire en période de mue, et celle ci- dispose d'une spermatèque : vérifiez par vous même, il est rare de trouver, quelque soit la période de l’année, des femelles ne portant pas d’œufs. Par ailleurs, en période d'incubation, les femelles ont tendance à rester au fond, et ne sont donc pas capturées au casier, mais seulement occasionnellement par les fileyeurs. C'est donc selon l'Ifremer, une ressource pour laquelle il n'y a pas lieu d'être inquiet : Voire, je trouve que les gros exemplaires, disons de plus de trois à quatre kilos, deviennent de plus en plus rares...
Mars n’est pas forcément la meilleure saison pour ce crabe, mais on peut en trouver de bien beaux toute l’année, le tout est de savoir les choisir, je vous redonne les critères : Le crabe doit donner une impression "lourde" lorsqu'on le soupèse. Sa coquille doit être sombre (surtout pas trop blanche en dessous, signe qu'il a mué depuis peu de temps, consacrant sa chair à cet exercice pénible) Par ailleurs, à l'arrière, un œil exercé vérifiera si la carapace est un peu décollé du coffre, signe manifeste d'embonpoint. Je préfère de loin les individus femelles, à la chair mieux répartie enre pattes et coffre et plus savoureuse; la femelle se reconnaît facilement au large réceptacle qui sert à maintenir les œufs jusqu'à leur complète maturité, tandis que le mâle a de grosses pinces et une carapace de forme plus aplatie.

Revenons en cuisine...
A tourteau in a kitchen
Les plus blogomaniaques ont tout de suite perçu l’allusion à peine déguisée à l’un de mes blogs préférés A Turtle in a Kitchen, celui d'Alhya dont j’aime beaucoup la plume et la grande passion de Bretagne, comme son approche décomplexée à l'égard de la cuisine, même si à mon goût, on y trouve un peu trop de gâteaux et de légumes, mais c’est une fille... (Je viens de passer à l'instant sur son blog et je dois corriger mon propos : pendant que j’écrivais ce billet dans le TGV, j’ignorais qu’elle venait de publier une recette avec du poisson et des pommes de terre)
Peu à voir avec mon sujet du jour, mais j'en profite pour rappeler que l’un des principaux prédateurs de la jeune tortue marine, c’est le crabe, et signaler cette page très amusante, d'où cette photo est extraite, et qui assemble dans un montage les proies et leurs prédateurs.

Il n'en reste pas moins que l'un des principaux prédateurs du crabe, c'est moi (ce qui me transforme en un ardent protecteur des tortues marines, bien que les choses ne se posent pas exactement en ces termes sur les plages de Bretagne Nord). Par ailleurs, je ne suis le genre à faire dans la dentelle, on m'a déjà reproché ma façon dite cruelle de traiter ces animaux : ici, je fais picoler le tourteau avant de le livrer aux braises, là je coupe en deux les crabes verts pour qu'ils expriment pleinement leur saveur dans le soupe. Une étape supplémentaire dans l'horreur va être franchie ci-dessous, puisque pour cette recette, je décortique le crabe encore vivant.
Ce n'est pas par cruauté gratuite, j'aime et je respecte les animaux, mais je les mange aussi, et même vivants lorsque c'est comme cela qu'ils sont les meilleurs, par exemple les huîtres. Par ailleurs, pour ce que j'ai lu du cerveau (?) des crustacés et coquillages, je pense que la notion de souffrance est, pour le moins, très éloignée de la nôtre.
Tout le monde connaît la distinction entre les zoophages et les sarcophages, qui ont un comportement différent envers l'alimentation carnée. Les premiers n'ont aucun complexe à assumer qu'il mangent un animal, alors que les second veulent seulement admettre qu'il mangent de la chair. A ces derniers, rien ne doit rappeler l'être vivant, et surtout pas les abats, il est vrai que quelque soit le mammifère, tous ont sensiblement la même cervelle, la même langue, le même cœur, le même rein, etc... La viande pour eux est une portion de protéines, la plus édulcorée possible, masquée par sauces ou panures, non saignante généralement, quand ce n'est pas l'emballage lui-même qui est opaque, comme celui d'une célèbre marque.
(Je ne veux bien entendu pas ici parler de ceux qui ont fait le choix de ne plus manger de viande, c'est tout autre chose, un choix éthique que je respecte très sincèrement).
Ramené aux produits de la mer, les sarcophages vont privilégier les filets de poisson, bien blancs si possible, sans arêtes, voire le poisson pané ou encore mieux, le surimi... Le poisson entier est source de mystère et d'inquiétude, je vous encourage vivement à lire les commentaires laissés après mon article sur le grondin... c'est édifiant!
Et pourtant, à part certaines traditions campagnardes ou consommation de gibier, nous n'avons plus l'occasion d'accueillir dans nos cuisines des animaux entiers, comme les poissons, ou encore en vie, comme les crustacés et les coquillages. C'est pourtant je crois l'une des rares façon qui nous reste de faire comprendre à nos enfants le rapport immédiat entre le vivant que nous sommes et le vivant que nous détruisons... et pas seulement en le mangeant.
Bon, café du commerce mis à part, entrons dans l'action, j'ai bien pensé à Lilo de Cuisine Campagne, lorsque j'ai rédigé cet ce billet : elle m'a gentiment proposé de participer à l'un de ses articles dans lequel la recette demandait qu'on décortique un crabe cuit, et à la courageuse Véro de Cuisine Métisse, qui un jour s'est mise en tête de couper en deux un homard vivant selon les règles.
Tourteau à l’armoricaine
Ingrédients pour quatre personnes
- deux tourteaux femelles de 1,2 kilo environ
- farine
- six échalotes
- un beau poireau
- algues (spaghettis de mer)
- concentré de tomate
- six tomates mûres
- kari gosse ou massalé pimenté pauvre en curcuma
- vin blanc sec et un peu fruité (muscadet sur lie, blanc de Provence...)
- trois gousses d'ail
- bâtonnets de fenouil
- laurier
- poivre noir
- persil plat
- huile d'olive
- beurre (salé est-il encore besoin de le préciser?)
Recette
Préparation des crabes
Les crabes sont découpés vivants, on commence par enlever le réceptacle à œufs.
Puis on enlève les pattes, on décolle le coffre en coupant au niveau des mandibules. Les branchies (remarquez qu'elles sont bien claires, elles sont noircies lorsqu'il s'agit d'un crabe ayant séjourné trop de temps en vivier, à l’eau souvent mal oxygéné).
Ces branchies sont jetées, par contre on recueille soigneusement dans un bol le contenu de la carapace et celui qui se trouve entre les deux parties du coffres.
Les grosses pinces sont pré-cassées d'un coup de la mitre du couteau, inutile de s'armer plus lourdement, c'est bien plus fragile qu'une fois cuit. Evitez de briser en mille morceaux, mais ne vous inquiétez pas, la carapace restera collée à la chair, même après cuisson.
Le coffre est coupé en quatre parties, et la carapace brisée en cinq ou six morceaux. Cette dernière apportera à la sauce la pigmentation rouge et la saveur bien particulière de la coquille de crabe cuite. Vous obtenez très exactement ceci :
Mettez tous les morceaux de crabe (à l'exception de la carapace) dans un sac en plastique avec une belle cuiller à soupe de farine, et agitez pour fariner uniformément. Mettez le tout à sauter quelques minutes dans un peu d'huile et de beurre, puis flambez d'un peu de cognac et réservez. La farine n'est pas nécessaire mais importante, ainsi cuite, elle donnera de l'épaisseur à la sauce.
Préparation de la sauce
Pelez les échalotes et émincez-là grossièrement. Procédez de même avec le poireau. Coupez les algues (une poignée environ) en tronçons, après les avoir réhydratées éventuellement. La variété d'algue à utiliser est souvent appelée "spaghetti de mer". Elle fait partie de la deuxième série des goémons noirs découverts par la marée descendante. On la trouve également dans les flaques rémanentes assez haut sur les grèves rocheuses. Elle est souvent vendue dans les épiceries "bio". Elle se présente sous la forme de bouquets de longs filaments bruns pouvant atteindre un mètre, du plus clair tirant parfois sur le jaune, au brun le plus soutenu, parfois un peu granuleuse, sa principale caractéristique étant la présence d'un petit disque placé un à deux centimètres au-dessus du point d'attache au rocher.

Mettez à rissoler dans une cocotte l'échalote, les morceaux de carapace, le poireau puis les algues. Salez légèrement.
Pendant ce temps, enlevez les graines des tomates et coupez les en morceaux, inutile de les éplucher car la sauce sera foulée. Lorsque les ingrédients rissolés dans la cocotte ont un peu fondu, ajoutez une cuiller à soupe de concentré de tomate, puis laisser cuire une minute, en remuant. Ajoutez la tomate fraîche, et mouillez de trois verres de vin blanc et d'un demi verre de cognac, puis le laurier et les bâtonnets de fenouil, ainsi qu'un peu de poivre noir moulu.
Mettez une pincée de sucre en poudre (pour combattre l'acidité du vin et de la tomate) et un peu de kari gosse (inutile de me dire que vous n'en avez pas trouvé, il n'est vendu que confidentiellement dans certaines pharmacies bretonnes, j'en ai parlé dans ce billet, et ma copine Domie des Cahiers Gourmands plus complètement dans cet article). Alors, utilisez un massalé pauvre en curcuma (plus brun que jaune), et pimentez à votre guise, à la poudre d'Espelette, c'est le mieux. Laissez cuire doucement à couvert une bonne heure en remuant régulièrement. Au bout de ce délai, enlevez les morceaux de carapace et foulez la sauce au travers d'une passoire pas trop fine.
Remettez cette sauce bien colorée par la carapace à cuire pour une quinzaine de minutes avec un verre vin blanc et un trait de cognac. Rectifiez éventuellement le sel, puis mettez les morceaux de crabe à finir de cuire cinq minutes environ dans la sauce. Tenez au chaud jusqu'au moment du service, vous ajouterez alors une petite poignée de persil haché. Présentez avec de la grenaille précuite à l'eau, puis très longuement rissolée au beurre, et au final agrémentée de fleur de sel et d'un peu de romarin.
Pour les verres, j'ai décavé un bergerac blanc sec, un vin qui se marie bien avec le tourteau, particulièrement cuisiné ainsi. Ici, c'était un Château Le Tap 2002, passé en fut de chêne, mais de façon très soft, le goût de parquet vanillé n'était absolument pas présent. Un blanc de Provence (ou tout autre vin à l'aise avec la tomate) serait également parfait, comme par exemple celui du Château Minuty, mais il y en est bien d'autres...
Je vais conclure par une note d'espoir à l'égard de tous ceux qui désespèrent à l'idée de charcuter un crabe vivant, cette recette est également fameuse réalisée avec des tronçons de lotte, qu'on fait sauter et flamber exactement de la même manière. Par contre, il leur manquera la coloration de la sauce et la saveur inimitable de la carapace... rien n'empêche d'y ajouter une cuiller de fumet de crustacé déshydraté.
Commentaires
J'adore venir sur ton blog, je me cultive et en plus, je repars avec une bonne recette !
moi je ne me sens vraiment pas le courage de découper un crabe vivant (t'étonne pas je suis une fille) je crois que je vais me rabattre sur la lotte
ou mieux je m'invite chez toi la prochaine fois que tu es en Bretagne ;-)
Excellent ce blog Patrick ! Votre cuisine est un délice pour les yeux, et qui plus est, avec de l'humour ! Bravo l'artiste !
Je suis conquise !
TiteZa
Ben... armoricaine...américaine...y'a que quelques mers entre deux ... pour une sauce unique... pour ma part je l'associe à la lotte (et oui, je reste dans le classique)... que je fais flamber... au calavados, bien évidemment! mais le crabe... pourquoi pas! je vais y penser!! Bon WE le breton!
Coucou,j'arrive....!
Ah là, je me suis reconnue dans les sarcophages (sans le surimi, faut pas abuser quand même) et c'est certainement pour cette raison que j'ai pris la fuite , éviter de manger la viande. Mais comme à défaut de poisson, j'ai toujours vécu au contact d'animaux qu'on mange ensuite, je me garderais bien de porter un jugement négatif sur le genre d'espèce humaine, les zoophages dont tu fais partie. D'ailleurs, je suis persuadée que nous gagnerons en humanité si la viande n'était pas aussi aseptisée.
Si j'étais sur une île déserte, je risquerais fort de mourir de faim à moins que je ne me résigne par nécessité à combattre l'animal.
Ceci dit, je gouterais bien à ce sympathique tourteau dans la mesure ou tu ne me demandes pas de le décortiquer. Courage, fuyons !
Toujours aussi sadique avec ces pov'bestiasses et y'a personne qui réagit ; ça me tue !...
Mais le pire dans tout ça, c'est que si je te surprends une fois de plus à draguer aussi ouvertement Mia Tartaruga De Mi Amores - in live comme ça, c'est inhumain - j'te jure Patrick que... j'te jure que... Ouais, bah saches, d'abord, que j'ai des supers potes battant pavillon maltais, si tu vois ce que je veux dire, et tant pis si ça doit me foutre en l'air mes vacances cette été en Bretagne !...
Ouais, je fais des photes, mais, mille milliards de mille sabords, l'est minuit passé !
Moi non plus je ne me sens pas de torturer ces grosse bebetes mais qui sait...
C'était bien parti...
Je me délectais en me disant, tiens c'est un complot sur la blogosphère pour me faire rire... jusqu'à ce que j'arrive à la méthode. Alors là, Patrick, je suis désolée, j'ai arrêté de lire... Quant aux homards, tu as entièrement raison... il n'y a que les homards bretons qui sont bons. Les homards canadiens sont infects.
Je ne saurai jamais la fin de l'histoire de ce triste tourteau, et je pense bien que je n'en mangerai jamais plus!
Comme d'hab, un régal cet article...
Le crabe qui se reproduit, mdr, j'ai envie de lui dire: "ben mon pauvre p'tit père, faudrait peut être que tu te fatigues, tu vas pas sauver l'espèce comme ça!!!"
Moi j'adore le tourteau sous toutes ses formes, terrestre et marin!
Après l'aventure avec Survivor mon Défunt Homard et le curry de pinces de crabes déjà cuites, j'ai été encore plus courageuse: j'ai acheté DEUX tourteaux VIVANTS!!!! Je voulais mettre des photos mais elles sont super moches parce que j'avais vraiment pas envie de traîner trois plombes, j'avais juste envie de me jeter sur l'animal!!! Et c'était TELLEMENT meilleur que les pinces pré-cuites!!! Je recommencerai!!
(en plus, maintenant, il faut que je teste cette sauce Armo - Ricaine!)
La lecture de ton blog a des conséquences certaines sur ma cuisine... Tu me fais faire de ces choses!! ;-)
M'en fous moi tu peux draguer la Turtle, mais sadico-récidiviste aprés le petit crabe vert, tu nous refaits le coup du gros crabe rouge et en plus même pas l'ombre d'un remord, là non et non.
Monsieur le Président, je demande pour ce multirécidiviste sans remord honte ni vergogne la peine la plus lourde, une condamnation exemplaire à disons 1 semaine oui oui 1 semaine complète de légumes et de gâteaux de la Turtle à chaque repas arrosés uniquement de château La Pompe.
Enfin c'est bien parce que c'est toi que tu seras pardonné, mais c'est dure de devenir végétarienne et d'avoir une famille qui réclame l'agneau pascal et comme j'habite la campagne, l'agneau pascal je le vois tous les jours!
Anne
Bon, je t'avais déjà parlé des petits crabes de ma grand-mère, jetés vivants et sans un regard de pitié dans d'énormes pots de saumure, alors ça ne me gêne pas du tout de te voir décortiquer M. Tourteau quand il respire encore!
"La nonchalance du tourteau", ça pourrait être le titre d'un polar!
Sinon, tu m'as rappelé l'étonnement (pour ne pas dire le dégoût) d'une amie qui avait commandé une sole au restaurant et qui a eu l'appétit coupé en voyant le poisson arrivé entier "avec les yeux!" pfffff!
Ca donne trop envie !
Eh bien maintenant je ne me demanderai plus quelle est la différence entre américaine et armoricaine (bien que je me doutais déjà qu'armoricaine ne pouvait être que meilleure ;))Toujours est-il que ton article est comme toujours une mine d'info et d'humour...je ne connaissais pas les divers moyens de reproduction des crabes ;)) et surtout je les choisissais au pif...enfin le kari gosse m'intrigue!!!
Quel boulot en tout cas cette découpe du crabe cru!!!! Pour nous ce soir c'est araignées au menu...mais cuite tout simplement au court bouillon (en fermant la gamelle, pour ne pas les voir se débattre ;))
La sarcophagie n’existe que dans les sociétés où le problème de la famine ne se pose plus, non ?
J'ai bien aimé la photo du tourteau... fromager ... je rigooooole toute seule en imaginant ce que certains/certaines ont pu penser en voyant cette photo.
et un Tourteau breton , un , et avec ça une bouteille de Chateau Minuty , une !!!
ça me rappellera mes vacances à Ramatuelle sur la plage de la "CaBane Bambou" pour le vin ...parce que le Tourteau Là bas c'est plutot Gambas ...
bon week end
Garance
C'est cruel ta méthode mais si il faut en passer par là, je m'incline. Mais pour le début, je prendrais l'option lotte pour m'habituer !
J'importe !
J'importe ce tour de main et ce savoir-faire au Portugal où le tourteau ferait presque partie du quotidien, mais privé halas de ce raffinement de culture armoricaine.
Bretons et Portugais ont en commun ce privilège d'avoir le nez qui pointe et baigne dans l'océan. Ils sont donc faits pour se comprendre. Déjà, ils sont tous deux zoophages, à ceci près que le Portugais abuse du surgelé, ce qui le dévoie dans la cryophagie. Mais si le tourteau est vif (façon de parler pour un "dormeur"), ils pratiquent aussi l'anesthésie, ce qui rassurera Gato Azul.
Bref, il y a encore du chemin à faire, car l'Armorique, c'est loin!
Mais j'importe.
Bravo Patrick pour ce retour en force dans le rêve armoricain. Ce billet a du coffre!
j'adore ta recette mais je préfère qu'on me la prépare car comme tu le dis: "charcuter un crabe vivant j'en suis incapable!!!!" sinon, la version lotte me séduit beaucoup.
quelle émotion! mais quelle émotion!! lire ici un billet entièrement dédiée à ma pauv' carapace, il y a de quoi jubiler, et même pas rebondir sur les quelques piques balancées en même temps!;-) Ah oui, je l'aime tout particulièrement ce billet là et pas simplement parce que tu y glisses un soupçon de flagornerie! je suis conquise parce que je n'ai eu la chance de goûter le tourteau que cuit dans un bon broc d'eau de mer, accompagné de quelques énormes tartines de pain recouvertes de beurre demi sel de qualité et j'en ai l'eau à la bouche de penser qu'on peut ainsi le sublimer! et pour ce qui est de la cuisson, même pas peur, et même pas mal, depuis que j'ai l'âge de tenir sur mes quilles, j'ai toujours vu le tourteau plonger dans la marmite, toujours vivant, le découper ne m'effraie donc absolument pas!
J'arrive un peu tard mais mon week-end fut des plus mouvementé.
Après le tourteau saoulé et cuit à la braise, le tourteau à l'armoricaine. Mais quelle recette mon dieu !!Tu peux être certain que je vais la faire.
Et pas de pitié pour cette pov' bête, la découpe dudit bestiau vivant ne m'affole pas. Une excellente idée pour utiliser notre cher kari gosse.
Merci pour le clin d'oeil sympatique.
Bonne semaine
Très beau résultat qui est normal pour un maître de la mer :)
Recette très intéressant sauf la partie ou il faut couper le crabe en deux alors qu'il est vivant. Ca me freine un tout petit peu.
Ce tourteau à l'armoricaine doit être délicieux. Je me sers de la lotte, j'ai beaucoup de mal à trouver des bons tourteaux dans le coin.
Je sens que je vais me regaler avec cette recette Patrick, vivement la Bretagne et les beaux tourteaux vivants. Mais je demanderai a beau-papa de me les eplucher, parce que j'ai beau etre zoophage, je suis aussi tres maladroite avec les tourteaux, qu'ils soient vivants ou morts.
Le passage, proprement suffocant, sur le sort de la femelle molle devrait être mis à l'index par les autorités vaticanes. On s'en occupe.
Mon chéri est sûr que tu lui as volé sa recette de "crabe à la Mazambicaise". Mais l'honneur est sauf parce que "Ah, non, dans [ta] recette, il y a des légumes" dixit le bougre ! Et moi de répondre "ce n'est pas possible mon chéri, c'est un blog tenu par un homme !". Sur ce je file faire un gâteau ;-)
Merci pour cet excellent article qui m'a encore fait rire (et instruire !)
Maintenant je suis calée sur le tourteau ;) par contre, je ne sais pas si je le préparerai comme cela, je suis pas peureuse en cuisine mais là, il faudrait une sorte de stage d'initiation et que je boive des canons pour le faire hé hé... Merci pour le lien !
J'arrive après tout le monde pour découvrir ton crabe... mais quelques fois, l'attente a du bon!Je savais qu'un billet serait publié pendant mon absence, il suffisait juste que j'ai, à mon retour, le temps de m'y plonger avec délectation. Je trouve une nouvelle utilisation du kari gosse et l'avenir s'ouvre en rouge pour les futures dames Tourteaux qui vont croiser ma route. Point besoin de canons, comme Lilo...
Oh, la la, qu'est-ce-que ça doit être bon cuisiné comme ça! J'adore le crabe mais j'en mange trop rarement, par contre le tourteau fromager, ça me connaît ! ;)
Prince me réclame souvent du curry de crabe comme là-bas mais on trouve pas les mêmes évidemment alors j'hésite. Je me souviens d'une soirée dans un restaurant de Bangalore, j'avais commandé un curry de crabes, et j'ai mis exactement 1h15 à manger avec les doigts mon assiette composée d'une vingtaine de petits crabes bien épicés, un vrai plaisir...
Equarissage
Patrick,
Je peux arracher les pattes et les ailes des mouches, piquer les punaises par le milieu avant de les faire griller, torturer des pauvres grenouilles comme dans nos cours de science du temps ou la Protection des animaux nous laissait tranquille; mais non, je n'arriverai jamais à faire ta recette. C'est vraiment trop cruel. M'en vas de ce pas lancer une Ligue contre la Torture du Poupard. Evidemment, le fait de la saôuler ne constitue pas un grief!
et bien je dois dire que tu m'as donné envie de découper un crabe vivant ! Et poutant avant de lire ton article je redoutais la phrase : jeter le crabe vivant dans l'eau et allumer le gaz... Comme quoi ! et puis j'adore les tourteaux !
hummmm!!!!!!!!!!!!!
Le tourteau c'est un régal
Quelle bonne idée !!!Je ne savais pas quoi faire des crabes achetés hier au marché !! Merci m'sieur Patrick !!!
Alors là, tu me la bailles belle! Je n'avais jamais vu préparer et encore moins imaginé du tourteau à l'armoricaine. C'est sûrement délicieux, mais bien plus dur à décortiquer que l'araignée, alors plein de sauce comme ça, ça ne doit pas être évident. Ce qui m'a le plus étonnée, c'est la comparaison de la reproduction avec une gymnastique fatigante. Encore une chose que je n'avais pas imaginée. Par contre comme toi, je baptise ce genre de sauce armoricaine. Hier j'ai fait comme ça des blancs de seiche. Classique et plein de saveur.
Ne peut on pas legerement esgourdir la bête (avec un alcool de bonne facture par exemple) avant de le rouer vif, cela ce pratiquait parfois en place de grève quand l'executeur de la haute justice avait pitié du supplicié ....avec les femelles molles par exemple.......
La "sapateira", je l'aime vraiment à toutes les sauces... Par contre, j'ai du mal à la balancer dans l'eau bouillante vivante. Ah, les filles...! Mes copines portugaises font boire de l'eau-de-vie à la bête avant de la passer à la casserole. Comme ça, elle meurt gentiment (et dans la joie, j'ose espérer), avant de plonger dans la piscine à bulles... ;-D
C'est toujours interressant de te rendre visite, j'apprends plein de choses et reparts toujours avec des succulents recettes.
A bientôt
Merci pour la leçon de "préparation des crabes" j'adore ces crustacés,mais je ne me suis jamais risquée à les préparer(mais en même temps je ne suis plus sûre de me lancer)
Ton plat m'a l'air délicieux!!!
encore!
écoutez, arrêter de dire n'importe quoi; commencez par réviser vos classiques; vous cumulez tous les clichés erronés, comme cette histoire d'"américaine" et armoricaine, et ensuite il n'est nul besoin de torturer vivants les crabes et homards, au contraire, ça gâte la chair en plus d'être une cruauté inutile.
on les endort au congélateur avt de les plonger dans de l'eau bouillante. ça a de plus le mérite d'attendrir la chair .












