Cuisine de la mer

Cuisine des poissons, coquillages et crustacés

lundi 3 mars 2008

Colombo de lotte à l'ugli et au lait de coco

Ceci est un billet longuement écrit face à la mer, l'Atlantique comme souvent, mais cette fois considéré vers l'orient, depuis les Caraïbes, elle me paraît loin ma Bretagne. Ce ne sont pas des flagrances d'algues et de rochers noirs, mais des parfums de mer fleurie que m'apportent les alizées. C'est fabuleux d'être posté bien avant sept heures du matin sur une terrasse que baigne une aurore tourmentée puis si paisible, sirotant le premier rhum vieux de la journée (lequel je surnomme "Adam", bien entendu...)

colotte
Photo prise par Mathilde, elle aussi levée très tôt.
"Dommage que tu aies coupé le cocotier"
Haussement d'épaules synchronisé à ses yeux au ciel.
"Mais papa, j'ai fait exprès, je voulais un cadre."
OK ma fille, tu vois l'essentiel bien mieux que moi.

Je déconne, pas de rhum le matin à jeun, je suis avec femme et fille, faut pas pousser. Avec quelques potes tout aussi boucaniers que moi autour d'un barbecue, je ne dis pas, mais là non, je grignote un quignon de pain et quelques goyaves roses, clairement mon fruit préféré depuis mon enfance africaine, et dire que certains se contentent de madeleines... Une chose est certaine, on ne trouve pas de goyaves roses en métropole, ce qui justifie d'avoir renoncé pour une fois à la Bretagne, comme je m'y étais engagé dans ma lettre au Père Noël. Ici, vous l'avez deviné au parfum du rhum, c'est la Martinique, je suis posté en hauteur sur la côte nord-est (entre Trinité et Sainte-Marie, si après cela je ne deviens pas un ange ou au minimum l'âne de la crèche, c'est à désespérer de la piété engagée...)

colotte1

C'est venté, c'est beau, la mer n'y est pas très différente d'ailleurs. Mes deux sirènes lui trouvent un avantage sur celle de Bretagne, à savoir sa température. Comment peut-on être aussi bassement quantitatif face au spectacle de l'océan? C'est bien égal pour moi, je ne me baigne jamais en Bretagne (je tombe parfois à l'eau, mais c'est involontaire), sauf pour la belle coquille de quelques ormeaux. Je ne modifie pas mes habitudes au simple prétexte d'avoir décalé mes amers. J'ai concédé une demie heure de trempette pour faire plaisir à Mathilde, laquelle se demandait jusqu'à présent si son père savait nager (et surtout ai-je compris, parce qu'elle a promis à Véro une photo de l'évènement, je vous jure ces instits, dès qu'ils cessent d'éduquer nos enfants, ils nous les dissipent!).

Je considère les plages surtout comme un merveilleux endroit pour lire ou marcher. Dans mes bagages, j'ai emporté "Océan Mer", d'Alessandro Baricco, que m'a fait découvrir Annie de Dedicacessen, l'une des plus fines plumes de nos blogs à savourer sur place, merci beaucoup, il est vraiment très bien ce livre. A propos de plage, voici ce qu'on y lit, exactement à la page 100 de l'édition qui m'accompagne. Prenez le temps s'il vous plaît, ou alors passez, vite et loin.

"Tu sais ce qui est beau ici? Regarde : on marche, on laisse toutes ces traces sur le sable, et elles restent là, précises, bien en ligne. Mais demain tu te lèveras, tu regarderas cette grande plage et il n'y aura plus rien, plus une trace, plus aucun signe, rien. La mer efface, la nuit. La marée recouvre. Comme si personne n'était jamais passé. Comme si nous n'avions jamais existé. S'il y a, dans le monde, un endroit où tu peux penser que tu n'es rien, cet endroit, c'est ici. Ce n'est plus la terre, et ce n'est pas encore la mer. Ce n'est pas une vie fausse, et ce n'est pas encore une vie vraie. C'est du temps. Du temps qui passe. Rien d'autre."

Moment rare, moment précieux que celui de lire ce que je n' exprime pas aussi bien, mais qui me raconte à la perfection.

Bien, maintenant que je vous ai raconté mes vacances, je vais vous raconter un curry, à l'invitation de Salwa qui me transmet le "Hé cric!", ainsi que commencent les conteurs d'ici; je ne vous oblige pas à lancer un "Hé crac!" à votre écran, mais si vous le faites, je vous entendrai. Merci chère Salwa, j'ai un réel plaisir à raconter ce curry depuis une latitude proche de la tienne, c'est une vraie bonne idée qu'ont eue Véro et Dorian.

Mon curry, c'est un colombo voyageur. Le conte est court mais il fait voyager. D'où vient-il ce colombo, et surtout pourquoi le nomme-t-on ainsi? J'élimine d'instinct les colombophiles et leurs pigeons voyageurs, ils ne peuvent se comparer aux albatros.

En Martinique, mon premier réflexe est de penser à Christophe Colomb, j'y songe  d'ailleurs souvent à ce garçon qui s'est trompé de chemin et n'a pas voulu l'avouer tout de suite, il aurait mérité d'être breton. Ici face à la Presqu'île de la Caravelle, encore plus qu'il y a quelque mois devant la sinistre pâtisserie qui lui sert de tombeau dans la cathédrale de Séville (il a une autre sépulture quelque part dans les Caraïbes, mais on ignore où il git vraiment, et on ne cherche pas à savoir. Son éternité est à l'image de sa vie, un peu paumée!) et au retour du Carbet où il aurait débarqué en 1502, il est tentant de penser que c'est de son nom qu'est issu celui du colombo.

Vous n'y croyez pas? Je ne peux vous donner totalement tort en première analyse, mais si vous saviez comme moi les voyages de la cuisine par les mers, vous attendriez un peu avant d'applaudir d'apparentes certitudes.

Le colombo est un mélange d'épices à curries, c'est donc bien des parages de l'Inde que provient cette recette devenue un classique de la cuisine antillaise.

On ne peut se trouver ici sans penser à l'esclavage, sa première abolition (que n'a pas connue la Martinique, sous domination anglaise lors de la Révolution de 1789) puis son rétablissement par Napoléon, (cette petite baudruche belliqueuse et népotiste), à l'instigation de la belle Joséphine de Beauharnais. C'est en 1848 qu'il fut définitivement aboli, du moins dans les textes. N'empêche que la traite fut rendue impossible, et qu'il fallu dès lors trouver d'autres mains d'oeuvres.

Parmi les premiers travailleurs émigrés, (en fait seul le nom a changé après  l'esclavage, les formes d'exploitation des déracinés restèrent les mêmes et elles sont à peine différentes encore dans certains endroits du monde), furent des indiens, de Ceylan pour la plupart, auxquels ont faisait miroiter un travail sous contrat et un retour après au moins cinq années de labeur. Bien entendu, le bateau du retour ne vint presque jamais. Aujourd'hui, cette population de koulis (de "coolies") est très fondue dans celle de la Martinique, mais quelques uns en conservent le souvenir, allez voir cette page qui raconte bien cette histoire.

Donc oui, ce colombo, c'est à eux qui l'ont apporté ici, et c'est à la ville de Colombo qu'il doit son nom. Bien très bien, tout est logique, juste que l'histoire est un peu plus jolie qu'ainsi posée entre cuisine et champs de canne à sucre.

La capitale de l'actuel Sri-Lanka s'appelait à l'origine en cinghalais "Kola-amba-thota"  ce sont les portugais qui l'ont déformé en "Colombo", en hommage à leur grand navigateur. Je vous disais plus haut que la cuisine voyage aux travers les mers, c'est donc bien Christophe Colomb qui a donné son nom à ce merveilleux plat antillais, j'adore cette façon qu'à l'improbable d'exister. A propos  d'improbable, interrogez Sylvie sur ce qu'elle en pense : je lui ai fait arpenter le nord est de l'île dans l'espoir déçu de trouver un temple indhou à photographier pour ce billet. Elle se demande du coup si, lorsque nous serons en Inde, je n'y chercherai pas les traces d'un culte Vaudou...

Colombo de lotte à l'ugli et au lait de coco

C'est un plat que je n'ai pas préparé ici, mais à Nantes voici un mois. Lorsque je vais la voir, ma soeur me prête volontiers sa cuisine, (privilège que je n'ai pas réclamé à l'hôtel où nous sommes actuellement, histoire de ne pas leur donner des complexes...). Alors, je passe au superbe marché de Talensac picorer l'inspiration, très honnêtement, c'est une interprétation libre de la recette traditionnelle, mais vous pouvez vous en inspirer car c'était vraiment très bon.

Ingrédients

- petites queues de lotte
- trois citrons jaunes
- lait de coco
- un oignon
- un ugli
- poudre à colombo
- piment
- sel

Accompagnement
- riz
- un citron confit

Facultatif
- un chutney acidulé (ici : tamarin, tomates et figues)
- quelques petits popadums
- quelques physalis

La poudre de colombo est un mélange comprenant basiquement les épices suivantes,curcuma, girofle, gingembre, poivre, coriandre, fenugrec. La version indienne des Antilles marie l’anis, le girofle, la coriandre, le safran, l’oignon et le poivre, à des doses variables. A Nantes je n'ai pas eu grand choix, mais pour le colombo de poisson, préférez des mélanges tirant plus sur le vert que le jaune, ces derniers sont trop dominés par le curcuma.

L'ugli, c'est un agrume issu du croisement entre le pamplemousse, l'orange et la mandarine. En m'y intéressant de plus près, j'ai découvert qu'il est originaire de la Jamaïque, comme quoi j'avais déjà les Caraïbes en tête... d'ailleurs il a une forme aussi baroque qu'une coiffure de rasta! On a cultive trois variétés, une seule est commercialisée en France, produite en Israël ou en Californie.

ugli

Recette

Commencez par lever les filets de lotte en ôtant bien toute la peau. Mettez les à pocher cinq minutes dans de l'eau salée frémissante avec le jus des trois citrons. Egouttez aussitôt et réservez.

Pelez l'oignon et coupez le en petits morceaux. Pressez l'ugli, on n'utilise que le jus. Coupez l'écorce du citron confit en dés (ne tentez pas de traire une noix de coco, procurez vous plutôt du lait en boîte).

Dans une cocotte, mettez l'oignon à fondre dans un peu de beurre et dès qu'il commence à roussir, mouillez avec le jus d'ugli et le lait de coco à parts égales. Laissez épaissir un peu, puis ajoutez une cuiller à soupe rase de poudre à colombo et une pointe de piment. Salez, mettez y la lotte à réchauffer et servez avec un dôme de riz créole parsemé du citron confit.

colombolotte

Les autres éléments de l'assiette (chutney, popadums, physalis) sont utiles mais pas nécessaires. Ils ont apporté des saveurs et des textures complètant bien la recette de base et ramenaient aux origines indiennes du colombo. Nawal, tu en penses quoi? Car c'est à toi que je passe le relais du curry à raconter, puisque nous avons été proches durant cette semaine martiniquaise.

colombolotte3

Posté par Patrick Cadour à 15:24 - Poissons - Commentaires [33] - Permalien [#]

Commentaires

Tu as l'âme d'un poète ces temps-ci Patrick ;) ah ces îles paradisiaques ont eu raison de ton humour décapant krkrkrk !

Posté par Lilo, lundi 3 mars 2008 à 21:30

Heureux voyageur.
Merci de partager tes caraïbes avec nous.
Joli rêve, superbe balade, le soleil a envahi la maison.
Et ta recette ........ que dire, je suis encore sous le charme.
A essayer dès ...... le week-end prochain. Je te tiens au courant.
Bonnes vacances et ramène nous encore de si beaux textes et des images de rêves.
Bonjour à tes deux sirènes.

Posté par Maï, lundi 3 mars 2008 à 21:34

L'on pêche encore la lotte friture ?

Je ne savais pas que l'on pêchait encore la lotte friture !
Je ne vais pas dire que je n'aime pas, c'était délicieux, mais je refuse désormais d'en acheter ou de les servir à mes convives....
Oui je sais je suis stupide pour beaucoup.....
mais je suis comme tonton Georges (Brassens) mourrons pour nos idées, mais de mort len.. en...te....

Bon voyage !
d'après mon gendre (Martiniquais) en Martinique c'est plein de poissons, de crabes et de plein de choses agréables à regarder et à manger......
mais il est comme toi il faut qu'il cache les goûts et les saveurs sous des tas d'épices qui emplissent la maison

Enfin chacun son goût disait le moine......
amicalement

Posté par Dino, lundi 3 mars 2008 à 22:21

Re ;-)
Ben j'en pense plein de choses !!!
Déjà je suis ravie par ton invitation et cela tombe plutôt bien puisque j'ai à nouveau Internet à la maison.
Sinon après cet alléchant et original Colombo va falloir que je mette une recette de Curry ... Breton ;-) moi alors hu hu hu !!! Je file trouver "l'inspiration".
Ps : cet fin d'après-midi il a plu plu plu plu plu, un vrai déluge ...

Posté par Nawal, mardi 4 mars 2008 à 00:53

Un délicieux billet de vacances ;-) L'ugli je n'ai jamais goûté, mais le citron confit je suis définitivement fan, en Italie, on utilise beaucoup de cédrat confit, j'en raffole.
Moi qui ne cuisine jamais de lotte, je dois vraiment m'y mettre, avec tes recettes! merci ;-)

Posté par peggy, mardi 4 mars 2008 à 07:49

Joli billet. Joli photo prise par ta fille. Ca me rappelle moi à son age et toutes mes photos de cocotiers coupés "pour faire un cadre". J'en ai une sacré collection !
A bientôt de l'autre côté de la grande flaque.

Posté par Requia, mardi 4 mars 2008 à 08:53

Je me suis fait la même remarque que Lilo, sans doute la douceur des îles qui t'a rendu plus doux aussi... Je ne connais pas l'ugli mais colombo de lotte et citron confit, je retiens !

Posté par Tiuscha, mardi 4 mars 2008 à 09:25

Je vais être hors propos, je me lasse de mes commentaires tout prêt :)
Dis ? J'aimerai bien une photo avec ton maillot de bain tout rouge que t'as acheté spécialement pour ton voyage exotique :)

Posté par Paprikas, mardi 4 mars 2008 à 10:27

Un curry raconté d'une plage de la Martinique, que dire?? Je me sens aussi à l'aise chez toi que dans ma propre cuisine, mon Patrick!!
De la lotte en plus, avec du lait de coco!!!
J'apprends des choses en plus, le nom de ce truc que j'appelais "tu sais, les espèces de gros pamplemousses pas amers"! :-)
Bon, je vois que tout s'est passé à merveille, ce dont je ne doutais pas d'ailleurs. J'espère que le retour ne sera pas trop dur... J'attends avec impatience des nouvelles de Mathilde, qui entre parenthèses est un amour, mes filles étaient ravies du moment passé chez toi avec elle!
Dernière chose: le "rhum-Addam"?? Tssss, non, vraiment celle-ci est d'assez mauvais goût! ("Dji ma petite fille, qu'est-ce que tu mets dans tes crêpes?? C'est du rhum?? - Oui, mémé, mais c'est pas pour l'alcool, c'est pour le goût!" :-D)
Des gros bisous à vous trois, et encore mille mercis pour le super moment passé avec vous!

Posté par Véro C.Métisse, mardi 4 mars 2008 à 11:02

Je crois que je n'aurais pas ete etonnee que le vere de rhum au lever du soleil soit reel. J'etais juste en train de me dire, si ca se trouve, il ne s'est pas couche.
jolis paysages, jolis mots, des billets de vacances comme celui-ci, on en voudrait plein. C'est simple, on entend la mer.

Posté par gracianne, mardi 4 mars 2008 à 13:04

Mais pourquoi avais-je imaginé que tu étais parti au ski ? Elle est bien ton histoire. Dis, c'est quand tu rentres Capitaine ?
Bises.

Posté par Sophie, mardi 4 mars 2008 à 13:47

Alors tant pis pour la cuisine bof bof de l'hôtel s'il y a la mer et les cocotiers pour t'inspirer comme ça!

(Ah si seulement on pouvait déjà être vendredi! Ben oui, moi quand je lis un billet sur CDM, je me dis "C'est bientôt le weekend!")

Posté par patoumi, mardi 4 mars 2008 à 16:04

Sur les tropiques tout est possible. En Afrique, j'ai connu un monsieur européen qui "petit-déjeunait" toujours un whisky. Mais, dans cette Afrique, la main d'oeuvre était toujours "preta".

Posté par maloud, mardi 4 mars 2008 à 18:17

C'est vrai que la lotte était incroyable..riche en parfums, couleurs, goûts..
Au Dino: c'est pas parcequ'on nous vend le bout de la queue des lottes qu'on carnage la nature!!
Donc, Patrick, quand vous revenez, je te re-prête volontiers ma cuisine quand tu veux. Miam d'avance, comme d'hab.
(mdr, y'en a plein qui vont verdir de jalouseté)

Bises à vous trois, caresse au mistigri sauvage.

Ta soeur de (à) l'Ouest (enfin, presque)

Posté par Florence, mardi 4 mars 2008 à 18:26

Je suis une fan de Baricco. J'ai lu 3 de ses romans avec autant de délectation. Je n'ai pas lu Océan Mer mais le petit passage que tu cites me plaît énormément. Cet écrivain a vraiment du talent et même si tu n'as pas le sien, tu as le talent de capter notre attention... je me suis régalé de ton récit sur le colombo. Très jolie histoire malgré des passages sombres comme l'esclavage mais c'est tjrs intéressant de connaître l'origine des choses.
Je suis contente que tu sois de retour. As-tu ramené dans tes valises des senteurs exotiques mais aussi ennivrantes? Des idées de recettes? Bah, en même temps, tu n'en manques pas.
Je suis allée faire un tour sur le site de Véro et me suis rappelé les bons petits plats dégustés chez toi. Rien à dire sinon pousser un goulu SLURP!!!
Pour ça, je t'embrasse bien fort... pareil pour ta petite famille.
Alex

Posté par Miss Tiny, mardi 4 mars 2008 à 20:45

Pan t'es tagué.
Je sais, ça sert à rien. Pas grave.
Je reviens plus tard, pour lire. Je refuse de te lire à toute blinde.

Posté par dedicacessen, mardi 4 mars 2008 à 22:42

Du Colombo de lotte à base d'Ugly ?! De véritable Ugly Betty ?! Et de Colombo ?! L'inspecteur ?!... Tu regardes trop la télé, Pat' !... télé... Pat'... télépathe... WHARF ! Elle est bonne celle-là. Bien lourde comme je les aime. Aller, je m'embrasse la main devant tant de talent et je sors vite vite vite par la p'tite porte avant de recevoir des tomates dans ma cheutron... Tiens, d'ailleurs, y'a pas d'tomate dans ton colombo ?!... Vérif faite sur le Web, nan, y'a pas d'tomate dans un colombo, bougre d'imbécile que je fais. J'ai toujours cru qu'il y en avait... A bien y réfléchir, je crois que j'ai jamais mangé de colombo. C'tte honte ! :)

Posté par Tit', mercredi 5 mars 2008 à 09:05

Ah, Talensac !... Tu sais que j'ai habité au pied du marché un temps ? Devine d'où me vient le plaisir d'acheter du poisson si frais qu'il bat encore des nageoires quand tu t'approches de l'étale, des huîtres à peine sorties de leur bassin, des coquilles qui pincent fort si tu as le malheur de vouloir caresser leurs papilles ?...

Posté par Tit', mercredi 5 mars 2008 à 09:08

Ouais d'abord, t'as bien raison Mathilde, te laisse pas faire par ce vilain papa au rhum !... :)

Posté par Tit', mercredi 5 mars 2008 à 09:13

Un beau voyage superbement raconté, une recette des plus appétissante, ça me laisse rêveuse !
Michèle

Posté par Miechambo, mercredi 5 mars 2008 à 10:14

Te revoilà zoreille, et en forme en plus! Ton récit me touche car je m'intéresse vraiment à l'histoire des indiens aux antilles, surtout ces Guadeloupéens partagés entre l'histoire et le présent. Ce métissage mixte (pas forcément indien, on oublie les libanais et les syriens, et j'y tiens) rencontre sa grande difficulté qui n'est autre que la recherche de place, d'identité. Mais une place est une position (si je peux dire) définie par l'autre, c'est l'autre qui nous place, nous positionne, on se place rarement tout seul. Trouver une place pour un spectacle, trouver une place dans un avion et j'en passe, est une action qui dépend de l'autre, ici par exemple trouver une place dans un avion dépend du nombre de passagers inscrits. Ainsi, trouver sa place dans la société (qu'elle soit métissée ou pas) est une affaire de tous.

Enfin, bref, nous allons pas débattre sur un sujet si complexe (surtout en mode commentaires).

revenons à ton séjour, alors comme ça tu nous reviens avec un colombo revisité (totaly revisité), elles sont où les graines à roussir, une ou deux légumes tels que la mangue verte, la pomme de terre, la courgette ou la christophines!!??? Et les cives dans tout ça!!
Bon t'es pardonné, c'est si bien raconté tel un curry que je céde.

Pour prochainement je pourrais faire un colombo au saumon norvégien, promis je le ferais marinerdans de l'anethe et de la liqueur suédoise. ben quioi, il faut bien que tu accordes une place à ma cuisine métissée dans ton brunch.

Bises colombiennes!

PS : je cours faire une titye recherche sur Alessandro Baricco, depuis le temps que j'entends parler.

Posté par Minouchka, mercredi 5 mars 2008 à 13:57

Comment ça? Tu es en Martinique ! Certes c'est plus prés pour toi que mon beau caillou mais la prochaine fois que tu décides de partir sur une ile paradisiaque penses à moi et rappliques chez nous! Alors c'est James Cook qui a découvert la Nouvelle Calédonie, je te le dis en avance comme ça tu auras tout le temps de découvrir son périple avant de débuter le tien chez les nous ôtes !!!
Allez ... Tata Bisous !!!

Posté par Calou, mercredi 5 mars 2008 à 14:36

:)

J'ai bien fait de revenir, de prendre mon temps, eh oh !!!! oh eh !!! zentendez !!!! je suis un peu en Martinique, au coeur du billet de Pat Le Marin ! Tellement contente que tu aimes. Tellement ! J'adore faire lire. C'est ma vocation loupée, ça. Bon bon bon bon. Sinon ? sinon tout est parfait, comme dhab, on apprend, on salive, on sourit, on ressort moins bête.

Posté par dedicacessen, mercredi 5 mars 2008 à 16:13

merci de partager ce joli séjour en Martinique avec nous.Dire que j'avais un voyage prévu là bas en décembre.....annulé :(
Je suis fan de colombo et ta recette est bien jolie

Posté par Nuage de lait, mercredi 5 mars 2008 à 19:10

et bien! bon bien sûr ça n'a pas le charme de notre bretagne sous le crachin... mais quand même, j'imagine ton dépaysement et pas de doute, là bas comme en Bretagne, ta plume me parle autant que ton curry au lait de coco... nous sommes en symbiose, en plus, je n'arrête plus de cuisiner au lait de coco depuis quelques temps, me manquent plus que les autres ingrédients!

Posté par alhya, mercredi 5 mars 2008 à 20:53

Mais quelle plume ! Je ne prends pas assez le temps de lire, ce n'est pourtant pas l'amour des mots qui manque... entre ton récit et le récit de ce livre, y'a de quoi se régaler !
Quant à la recette, elle est forcément dans mes goûts. Souvenirs, souvenirs... Colombo, curry, coco...

Posté par Sha, mercredi 5 mars 2008 à 22:20

Trinité

un des coins les plus agréables de Martinique, loin de l'affluence touristique du sud
agréable marché couvert à Trinité
bravo pour vos articles plein d'humour savourés chaque semaine

une bretonne de Loperhet

Posté par mary, jeudi 6 mars 2008 à 12:44

Je me retrouve un peu chez moi dans ton récit.
Je ne parle pas du rhum "adam", quoique...

Posté par Murielle, jeudi 6 mars 2008 à 15:00

Je vois que la famille a fait un agréable voyage,mais commencer le matin avec du rhum ( total respect ).
Mathilde aurait du te pousser à l'eau ou t'y traîner par les pieds.

Posté par David, jeudi 6 mars 2008 à 18:59

J'ai fait ce plat mercredi. Je te dois ma première
utilisation du lait de coco, jamais trop tard pour
commencer hein ? Fait mon curry "Colombo" en pilant ttesles épices, enfin j'ai trouvé l'utilisation du fenugrec ramené de Martinique par une amie.
L'ugli a été remplacé allégrement par le jus des
trois agrumes indiqués.
C'était très, très bon.
Quel voyage historique de l'Indes aux Caraïbes tu
nous as fait faire ! Beau billet.
Je trouve que le qualificatif de Napoléon "petite
baudruche belliqueuse et népotiste" pourrait bien
s'appliquer à quelqu'un de chez nous......tu sais
son nom..... N.S

Posté par gabriella, vendredi 7 mars 2008 à 14:38

Toujours un plaisir de te lire surtout quand tu nous offres un joli et bon repas dans un paysage paradisiaque....

Posté par eglantine, vendredi 7 mars 2008 à 22:29

Qu'entends-je ??? Tu serais venu à Nantes le mois dernier sans m'en informer ! suis triste... nous aurions pu ne serait-ce que boire un pot ensemble et faire connaissance en vrai.
Talensac est mon marché d'approvisionnement mais on y trouve le meilleur comme le pire. L'oeil avisé reste indispensable.
Je ne sais pas ce que vous avez tous en ce moment à vous envoler dans les îles. Autour de moi, je n'entends que ça. Moi j'en rêve mais monsieur a peur de l'avion.
Pour le colombo de lotte, je ferme les yeux et je savoure. Les joues de lotte au coco vues dans "Ma cuisine des Pontons" me plaisaient déjà mais avec ta recette à base de colombo passe au dessus du lot. Je vais m'en inspirer pour ma prochaine lotte

Posté par domie, dimanche 9 mars 2008 à 18:35

J'adore le nom: ugli !
Magnifique plat, je salive...

Posté par inoule, jeudi 13 mars 2008 à 10:39

Poster un commentaire